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| La caverne aux Mille Visages | |||
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 31/07/2024 à 09:14:58
Willy Hopkins ~ Golden Hour
Brian Parrish ~ Deux blaireaux en vadrouille Six/Hellia St.James ~ La caverne aux Mille Visages Camille Dubois ~ Magic comes with a price Lawrence Holmes ~ La taille des arbres Everest Howell ~ La pièce manquante ![]() |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 31/07/2024 à 19:58:12 Sixtine était ravie de découvrir une Kenia qui semblait à présent beaucoup plus à l'aise. Ses yeux pétillaient en parcourant la pièce, et sa voix était enjouée lorsqu'elle s'exprimait. Cela enchantait la Serpentard, qui oublia alors le quiproquo précédent, heureuse qu’elles partagent une même passion. Lorsqu’elle parlait de la maison des Katteridge, Sixtine remarquait que Kenia disait toujours “chez mon frère” plutôt que “chez moi” ou “chez nous”. Ce détail piquait sa curiosité et la surprenait un peu, mais elle n'allait certainement pas se montrer indiscrète. Je suis certaine que votre maison doit être tout aussi belle, répondit-elle avec un sourire chaleureux. Et un piano dans l'entrée, c'est tout de suite plus accueillant. Ça donne cette impression d'un foyer plein de vie. La musique a ce pouvoir de créer des liens. C'est un langage universel qui transcende les mots et les différences. Peu importe où l’on vient ou ce que l’on vit, la musique peut nous rapprocher. Je suis vraiment heureuse que tu sois ici, ajouta Sixtine avec sincérité. J’espère que tu te sentiras comme chez toi, et que nous pourrons partager de nombreux moments musicaux ensemble. Si, c’est bien lui, confirma Sixtine avec un sourire. Alors que la jeune fille parlait de son travail sur une œuvre de Jean-Sébastien Bach, Sixtine sentait naître un lien, une reconnaissance mutuelle de l'amour pour la musique. Elle hocha la tête, reconnaissant le nom du compositeur avec une expression chaleureuse, comme pour affirmer une complicité naissante. Délaissant les barres de danse, elle se dirigea avec grâce vers le piano, ses doigts frôlant délicatement les touches avant de commencer à jouer. La pièce fut rapidement envahie par une douce mélodie, mélancolique et envoûtante, chaque note semblant flotter dans l'air, légère comme une plume. Ses mains se mouvaient avec une aisance naturelle, témoignant de longues heures de pratique et d'une passion profonde pour l'instrument. Bien sûr, tu peux le prendre, il est là-bas, dit-elle en désignant d'un signe de tête le violon reposant dans son étui, à l'autre bout de la salle. Elle arrêta sa mélodie, le dernier accord résonnant encore légèrement alors qu'elle se retournait pour regarder Kenia, un sourire encourageant sur les lèvres. L'idée de jouer ensemble enchantait la Serpentard, une rare occasion de fusionner deux instruments dans une harmonie parfaite. Ses yeux brillaient d'anticipation. Je serais ravie de t'accompagner et de découvrir ton travail, ajouta-t-elle, impatiente de voir ce que la jeune musicienne avait à offrir. Elle avait toujours cru que la musique avait une manière unique de révéler l'âme de ceux qui la pratiquent, et elle était curieuse de découvrir celle de Kenia. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 01/08/2024 à 15:31:49
Willy Hopkins ~ Golden Hour
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 02/08/2024 à 17:49:47 - Modifié : 02/08/2024 à 17:56:56 D'un commun accord, Sixtine prit place à la barre de danse, tandis que Kenia, son violon en main, se préparait à jouer. C’était un instant précieux, une synergie délicate où les deux jeunes filles exploraient et partageaient l'univers artistique de l'autre. Les notes de musique s’élevaient dans l'air, enveloppant Sixtine alors qu'elle exécutait des mouvements gracieux, chaque pas et chaque geste reflétant la mélodie que Kenia faisait naître de son instrument. Ensemble, elles tissaient un dialogue silencieux, où la danse et la musique se répondaient en parfaite harmonie, créant un moment d'échange sincère. Elles avaient passé le reste de la journée dans cette pièce, se laissant porter par la musique et la danse, jusqu'à ce que la lumière du jour commence à s'estomper. En début de soirée, elles n’en étaient sorties que pour le repas. Une fois celui-ci terminé et après avoir échangé quelques mots avec Hellia, elles s'étaient retrouvées à l'étage. Chacune avait pris une douche, enfilé un pyjama, puis elles s'étaient retrouvées pour discuter longuement une bonne partie de la nuit. Leur conversation, ponctuée de rires et de confidences, les avait menées à discuter de la mer. Kenia ne l'ayant jamais vue, Sixtine lui proposa de planifier une petite escapade sur la plage pour le lendemain. ✻ Le lendemain matin ✻ Ce matin-là, un soleil éclatant baignait le manoir de lumière, promettant une journée agréable. Après avoir savouré un copieux petit-déjeuner, Sixtine et Kenia quittèrent la maison, prêtes pour leur escapade à la plage. Sixtine voulait montrer à Kenia l’une de ses petites merveilles préférées : une plage nichée au pied des falaises du manoir. La plage écossaise, discrète et sereine, s'étendait comme une anse intime, entourée de hautes falaises abruptes. Le sable fin, parsemé de galets lisses, offrait un contraste saisissant avec les imposants rochers qui encerclaient la crique. Les vagues, douces et régulières, venaient se briser sur les pierres, créant une mélodie apaisante, une symphonie naturelle qui résonnait dans le calme du matin. L'air salin, frais et vivifiant, portait avec lui les cris lointains des mouettes et le parfum iodé de la mer. C'était un endroit d'une beauté sauvage et préservée, où la nature se montrait dans toute sa splendeur brute. Arrivées sur la plage, Sixtine ne perdit pas un instant. Elle retira ses chaussures et s'élança pieds nus sur le sable, sentant chaque grain s'enfoncer sous ses pas. Elle inspira profondément l'air frais et salé venant de la mer, savourant cette sensation de liberté. Sans perdre son élan, elle s'avança jusqu'au bord de l'eau, où les vagues venaient lécher la rive. Elle plongea ses pieds dans l'eau fraîche, laissant le courant léger chatouiller ses orteils. Avec un sourire espiègle, elle se tourna vers Kenia et, dans un geste rapide, éclaboussa l'adolescente d'une gerbe d'eau scintillante. Son rire cristallin résonna sur la plage. Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? On peut se baigner où se promener. Par là bas, il y a des grottes dans les rochers, j’allais y ramasser des coquillage quand j’étais plus petite. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 02/08/2024 à 23:53:33
Willy Hopkins ~ Golden Hour
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 04/08/2024 à 15:35:02 Les éclats de rire de Sixtine résonnaient sur la plage, portés par le vent marin, tandis qu'elle s'élançait, tentant d'échapper à la riposte de Kenia. C'était un véritable plaisir de voir sa nouvelle amie s'ouvrir, sortir de sa coquille et agir spontanément, sans se soucier des conséquences. Celles-ci, d'ailleurs, se limitaient à leurs vêtements mouillés, une petite mésaventure sans gravité qui ne faisait qu'ajouter à l'amusement de l'instant. Essoufflée par leur course, Sixtine se laissa tomber sur le sable, s’asseyant pour attacher ses cheveux bruns en une queue-de-cheval. Elle récupéra ses chaussettes pleines de sable, les secoua, puis les rangea soigneusement dans ses chaussures. Allons nous promener, alors ! s’exclama-t-elle avec enthousiasme, ses tennis à la main. Elle s'élança dans une direction familière, un sourire sur les lèvres. C’était un chemin qu’elle connaissait bien pour l’avoir arpenté de nombreuses fois dans son enfance, bien avant d’intégrer Poudlard. Les rochers en contrebas du manoir cachaient des cavités secrètes, révélées uniquement à marée basse. Ces grottes, accessibles par la plage, offraient un sanctuaire naturel, un peu mystérieux pour l’enfant qu’elle était alors. Elle s’y rendait souvent pour ramasser des coquillages afin d’en faire des bijoux ou les utiliser sur ses peintures, au grand dam d’Hellia qui s’inquiétait souvent par rapport aux éboulements des rochers par mauvais temps. Mais cela n’était jamais arrivé lors de ses expéditions et Sixtine ne pensait pas que cela pourrait se produire un jour. Surtout qu’il n’y avait aucun nuage à l’horizon en signe d’orage. L’occasion était donc idéale. Puis, elle était certaine que cela allait plaire à Kenia. Viens, je vais te montrer quelque chose d’incroyable. Dit-elle en attrapant la main de sa nouvelle amie et en l’entraînant à sa suite. Elles s’avancèrent prudemment vers l’une des cavités. En pénétrant dans la grotte, elles furent accueillies par un air frais et humide, contrastant agréablement avec la chaleur extérieure. La lumière du jour se faufilait à travers les ouvertures de la caverne, créant des motifs dansants sur les parois de pierre. À l'intérieur, des flaques d'eau limpide parsemaient le sol sablonneux, reflet de la mer laissée par la marée basse. Des coquillages de toutes sortes, étaient éparpillés un peu partout, certains encore habités par de petits crustacés. Sixtine se baissa pour en ramasser quelques-uns, ses yeux brillant de la même fascination enfantine qu’elle avait toujours eue pour ces trésors marins. Elle en tendit une poignée à Kenia. Regarde ces coquillages, ils sont magnifiques. Les parois de la caverne, lissées par des siècles d'érosion, étaient striées de veines minérales colorées, du gris bleuté au vert profond, créant une tapisserie naturelle captivante. Des stalactites et stalagmites ornées de cristaux de sel ajoutaient une touche féerique à l’ensemble. J’ai toujours l’impression d’être dans un autre monde lorsque je viens ici. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 05/08/2024 à 15:48:49
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 07/08/2024 à 22:08:22 J’y venais souvent quand j’étais enfant. Les coquillages dans sa main étaient petits, délicatement ciselés par les vagues et le temps. Leurs teintes variées, allant du blanc nacré à des nuances douces de rose et de beige. Chacun avait sa propre forme unique, certains étaient spiralés, d'autres plats, ornés de stries naturelles qui racontaient leur histoire marine. Ces fragments de la mer, si fragiles, étaient pour elle des trésors infiniment précieux. La grotte autour d'elles semblait respirer l’histoire de chaque marée, ses parois de pierre lisse renvoyant des échos discrets de la mer au-dehors. Des flaques d’eau cristalline parsemaient le sol, reflétant les minuscules lueurs provenant des coquillages et des cailloux luminescents. L’air, chargé d’embruns et de sel, créait une ambiance mystérieuse et apaisante, comme si la caverne elle-même gardait les secrets des profondeurs marines. Sixtine observait Kenia, émerveillée elle aussi par la beauté de la grotte, comme si elles se trouvaient dans une véritable caverne aux merveilles. Elle ne savait comment l'expliquer, mais elle ressentait un lien entre elles deux. Sans doute parce qu'elles partageaient quelques points communs et des passions similaires. C'était en tout cas la seule explication qui lui venait à l'esprit. Elle ouvrit de grands yeux lorsque sa nouvelle amie lui demanda ce qu'étaient les coquillages, puis se ravisa, réalisant que tout le monde n'avait pas la chance de vivre près de la mer. Ce sont des coquillages. Ils sont creux parce qu'ils sont vides, mais normalement, il y a des mollusques à l'intérieur. Tu sais ce que c'est ? La coquille leur sert de protection, je crois. La St.James aimait les coquillages pour leur beauté, mais elle n'était pas une experte et ses connaissances se limitaient à cela. Elle n'aurait pas pu en dire beaucoup plus. Occupée à chercher d'autres trésors pour ses futures œuvres, Sixtine scrutait le sable d’un œil inquisiteur. À la question de Kenia, elle jeta un regard vers le fond sombre de la grotte et secoua la tête. Je dois bien avouer que non, je n’ai jamais osé. Si l’adolescente avait plus le goût de l’aventure que son amie, elle n’était pas pour autant courageuse. S’aventurer en terrain connu, oui, mais découvrir un endroit sombre où l’on ignorait ce qui pouvait se tapir dans le noir, très peu pour elle, surtout sans baguette. Ne me dis pas que tu veux y aller ? demanda-t-elle en déglutissant, une pointe d’inquiétude dans la voix. La grotte semblait presque vivante, son obscurité mystérieuse offrant une invitation à la fois tentante et inquiétante. Les flaques d'eau scintillaient faiblement, capturant les rares reflets de lumière qui osaient pénétrer l'ombre. Sixtine sentit son cœur battre plus vite, hésitant entre la curiosité et la prudence. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 08/08/2024 à 12:18:13
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 08/08/2024 à 19:28:38 Tout s'était enchaîné avec une brutalité saisissante. Le grondement du tonnerre, déchirant la sérénité de la grotte, résonna avec une telle force qu'il fit vibrer les parois. Un fracas sourd suivit, ébranlant la terre sous leurs pieds. Les murs de la caverne semblèrent se plier sous la colère du ciel, les pierres se détachant les unes après les autres, précipitant un éboulement inévitable. Avant même que Sixtine n’ait eu le temps de réagir, de s’approcher de Kenia et de prendre la fuite, une pluie de débris se déversa autour d’elles, et dans un instant de chaos pur, une violente secousse la sépara de la blairelle alors que l’adolescente, projetée au sol, protégeait sa tête à l’aide de ses mains. La terre et la pierre, unies dans leur chute, la séparaient de son amie, tandis que l’obscurité envahissait la grotte. Puis, soudain, tout se tut. Le grondement du tonnerre s'éloignait, laissant derrière lui un silence pesant, seulement perturbé par le tambourinement incessant de la pluie à l'extérieur. Plus aucun son ne résonnait contre les parois de la grotte, comme si la terre elle-même retenait son souffle. Sixtine toussa, cherchant à chasser la poussière qui l'étouffait, et un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres. Son bras gauche était une source de souffrance vive, la douleur irradiait jusqu’à son épaule, une pulsation sourde qui ne laissait aucun répit. Si elle avait été seule, la peur et la douleur l'auraient certainement submergée, et les larmes auraient coulé librement. Mais Kenia était là, quelque part dans cette obscurité oppressante. Rassemblant tout son courage, elle appela d'une voix brisée, chaque mot étant une lutte contre la douleur. Kenia ? Tu vas bien ? Sa voix se perdit dans les ténèbres, répercutée faiblement par les murs de la grotte. Elle maudit intérieurement le Ministère, qui leur interdisait l'usage de la magie en dehors de Poudlard. Une baguette aurait suffi à éclairer la situation, à apaiser la peur. Tant bien que mal, elle se redressa, son bras blessé serré contre elle. Elle n'avait pas besoin de lumière pour comprendre l'étendue de sa blessure, le liquide poisseux et chaud qui coulait entre ses doigts trahissait une plaie ouverte. Serrant les dents, elle fit un pas, cherchant désespérément à percevoir un signe de son amie dans cette obscurité menaçante. Kenia, je t’en prie, réponds-moi, fais un bruit, n’importe quoi... Sa voix tremblante, se mêlait au silence oppressant de la grotte. La peur grandissait en elle, une angoisse viscérale qui s’accrochait à chaque battement de son cœur. Sixtine répétait en boucle une prière muette : que rien ne soit arrivé à Kenia, que son amie soit en sécurité. Chaque pas était une épreuve, son bras blessé serré contre elle, tandis qu'elle avançait avec précaution, tâtonnant dans l'obscurité. Elle se demandait ce qu’aurait fait sa mère dans une telle situation. Hellia, toujours si imperturbable, si forte face aux crises. C’était étrange de vouloir s’émanciper de cette figure maternelle tout en cherchant à s’inspirer d'elle dans les moments critiques. Mais Hellia incarnait la sécurité, l’assurance que rien de mal ne pouvait arriver. Et à cet instant, elle réalisait que c’était à elle d’incarner cette force pour Kenia, plus jeune. Prenant une profonde inspiration pour chasser le désespoir, malgré la poussière qui irritait sa gorge, elle murmura des paroles qu’elle espérait réconfortantes. J’ai mon médaillon. Ma mère va venir nous chercher. C’était une promesse autant qu’un encouragement, un fil d’espoir auquel se raccrocher. Sa main libre agrippait le médaillon sur son poignet, son seul lien avec l’extérieur, avec cette mère qu’elle appelait en pensée, implorant sa venue. Il ne lui venait pas à l’esprit que la jeune Blairelle pourrait ne pas comprendre le lien entre le médaillon et Hellia. Pour elle, cet objet était bien plus qu’un simple bijou ; il symbolisait une lueur d’espoir. C’était une certitude, dès que sa mère s’apercevrait qu’elles n’étaient pas rentrées, elle viendrait à leur secours. Cette pensée lui insufflait un semblant de calme au milieu du chaos, une ancre dans cette tempête soudaine qui menaçait de les engloutir. Kenia est-ce que tu m’entends ? |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 09/08/2024 à 11:58:51
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 09/08/2024 à 16:54:24 Seul le silence lui répondit, lourd et oppressant. La main de Sixtine se crispait de plus en plus sur son bras blessé, chaque pas la forçant à étouffer des gémissements de douleur qui menaçaient de franchir ses lèvres. L’obscurité autour d’elle semblait infinie, engloutissant toute notion de temps et d’espace, chaque pas lui coûtant un effort immense. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, non seulement à cause de la douleur, mais aussi à cause de la peur grandissante qui s’insinuait en elle. Soudain, son pied heurta quelque chose, un amas de pierres qui n’aurait jamais dû se trouver là, selon sa mémoire. Le choc la fit vaciller, la douleur irradiant dans son bras lui arracha un cri étouffé. Kenia ? appela-t-elle, sa voix à peine un murmure dans l’immensité de la grotte. Mais rien. Le silence persistant était une réponse plus effrayante que n’importe quel son. Que pouvait-elle faire de plus que d’appeler son amie, tendant l’oreille dans un espoir désespéré d’entendre ne serait-ce qu’un soupir, un bruissement, quelque chose pour lui indiquer que Kenia était là, quelque part, encore vivante ? La douleur la consumait peu à peu, mais la peur de perdre son amie, l’empêchait de s’effondrer. Sixtine serra son bras contre elle, sa main libre, tremblante, explorait à l’aveuglette, jusqu’à ce que ses doigts rencontrent la froideur impitoyable de la roche. Le contact glacé la fit tressaillir comme si elle s’était brûlée, et elle retira vivement sa main, le cœur battant la chamade. Kenia ? Dis quelque chose par Salazar ! Sa voix n’était plus qu’un mélange de supplication et de désespoir. Le silence pesant qui suivit ne fit qu’alourdir son angoisse. Mais soudain, un bruit infime, celui de pierres roulant sur le sol, perça l’immobilité sinistre de la grotte. Elle sursauta, sa plaie se ravivant avec une douleur fulgurante qui lui arracha une plainte involontaire. Kenia, c’est toi ? demanda-t-elle d’une voix plus faible, hésitante, l’espoir renaissant mais fragile, prêt à se briser à la moindre déception. Elle tendit l’oreille, retenant presque son souffle, espérant que ces bruits annoncent la présence de son amie, que Kenia soit là, quelque part, luttant elle aussi dans cette obscurité oppressante. Mais le silence qui suivit sembla encore plus profond, plus cruel. L’angoisse se resserrait autour de son cœur comme un étau. Ce qu’elle redoutait le plus était peut-être déjà en train de se produire. La blairelle pourrait être ensevelie sous ce tas de rochers. Cette pensée glaça Sixtine jusqu’à l’os, la réalité de la situation frappant avec une violence implacable. Les mains tremblantes, elle entreprit d’ôter pierre après pierre, chaque geste pesant lourdement sur ses forces déjà affaiblies. Elle s’efforçait de ne pas se précipiter, consciente que la moindre erreur pourrait provoquer un effondrement supplémentaire, un désastre irréparable si Kenia se trouvait réellement piégée en dessous. Chaque pierre enlevée lui coûtait une douleur lancinante dans le bras, mais elle refusa de s’arrêter. L'obscurité, épaisse comme du velours, semblait étouffer tout espoir. Pourtant, elle s’acharnait, ses doigts glissant parfois sur la roche humide, son souffle court trahissant l’effort et la peur. Alors qu'elle serrait les dents pour contenir la douleur, un frôlement inattendu sur sa main la figea d'effroi. Quelque chose venait de glisser sur sa peau, déclenchant en elle une vague de terreur irrationnelle. Un cri de surprise s'échappa de ses lèvres alors qu'elle secouait violemment la main pour se débarrasser de l'intrus. Sa phobie des araignées prit immédiatement le dessus, son corps tout entier se couvrit de frissons. Elle se mit à trembler, sa respiration s'accélérait dangereusement tandis qu'elle fermait les yeux, essayant désespérément de chasser les images qui envahissaient son esprit. Ce n'est pas une araignée... Ce n'est pas une araignée, murmurait-elle en boucle, comme une litanie, une tentative vaine de se convaincre que son imagination lui jouait des tours. Mais l’épuisement, la peur omniprésente et la douleur sourde de son bras rendaient cette bataille intérieure d’autant plus difficile. L'inquiétude de n'entendre aucun signe de vie de Kenia ajoutait une couche supplémentaire à son angoisse, l’impuissance devenant une ombre étouffante qui se refermait sur elle. Finalement, à bout de forces, Sixtine se laissa glisser lentement contre le sol froid et rugueux. Elle se recroquevilla sur elle-même, ramenant ses jambes contre sa poitrine et posant sa tête sur ses genoux. Les larmes qu'elle avait si bien réussi à contenir menaçaient désormais de la submerger. Dans cet instant de désespoir, elle cessa d’imaginer ce que sa mère ferait à sa place. Elle n’était pas Hellia. Au lieu de cela, elle songea à Keith. Que ferait-il, le préfet au calme légendaire, s'il se trouvait ici avec elle ? Il ne paniquerait pas, c'était certain. Il la prendrait doucement dans ses bras, caressant ses cheveux avec tendresse, et lui murmurerait à l'oreille que tout allait bien se passer. Que ce n'était pas une araignée, que rien ici ne pouvait lui faire du mal, et que la priorité était de secourir Kenia. Cette pensée, bien que lointaine, parvint à l’apaiser légèrement, comme un baume sur une plaie ouverte. Mais la peur restait, sourde et tenace, accrochée à elle comme une ombre impossible à chasser. Une petite voix étouffée perça l'épais voile de son désespoir, la ramenant brusquement à la réalité. Elle releva la tête, ses yeux écarquillés cherchant l'origine du son. Kenia ? Sa voix tremblait autant de peur que d'espoir. Elle se redressa précipitamment, mais dans son empressement, son pied glissa sur les pierres mouillées, la faisant vaciller dangereusement. C’est alors qu’elle prit pleinement conscience de la situation : l'eau s'infiltrait dans la grotte, montant lentement mais sûrement. Il n'y avait plus de temps à perdre. Ignorant la douleur qui irradiait dans son bras blessé, elle mobilisa toute sa force dans l’autre, agrippant des morceaux de roche, les déplaçant une à une dans un effort désespéré pour dégager un passage. Ses doigts, déjà écorchés par les pierres tranchantes, se mouvaient avec une précision frénétique, animés par la seule pensée d’atteindre Kenia. Soudain, un fracas assourdissant retentit du côté de l’entrée désormais obstruée de la grotte, résonnant avec une intensité presque palpable. Son cœur rata un battement alors qu’un éclair traversait la caverne, illuminant brièvement les parois menaçantes qui semblaient se resserrer autour d’elle. La terreur l’envahit, la peur que les pierres ne se mettent à tomber à nouveau, ensevelissant tout sous une avalanche implacable. Dans un geste instinctif, elle recula, son dos rencontrant la paroi glacée contre laquelle elle s’était réfugiée un instant plus tôt. Elle se sentait perdue, submergée par l'angoisse, ne sachant plus à quel espoir se raccrocher. Mais soudain, un sifflement familier perça l’air, distinct malgré le chaos environnant. Ce son, elle l’aurait reconnu entre mille. Un espoir ténu mais réel se raviva en elle, une flamme vacillante mais bien présente. Kenia, tiens bon ! Maman est là ! Sa voix, tremblante mais portée par une force nouvelle, résonna dans la grotte. Orphée, le fidèle mamba noir, continuait de siffler, son son perçant les ténèbres oppressantes. Bien qu'elle ne comprenait pas le langage des serpents, elle savait qu’Orphée s’adressait à Hellia. Ce sifflement, pour elle, représentait l’assurance que sa mère n’était pas loin. Les forces de Sixtine la quittaient peu à peu, chaque souffle devenant plus difficile à prendre. Le bas de son corps, immergé dans l’eau glaciale qui ne cessait de monter, engourdissait ses jambes, rendant chaque mouvement plus pénible. Pourtant, ce qui la submergeait vraiment, c'était le soulagement intense, presque dévastateur, d’avoir la certitude que Hellia les sauverait. Ce sentiment de sécurité, fragile mais puissant, effaça en un instant toutes les terreurs accumulées. Se laissant glisser une nouvelle fois contre la paroi humide, le corps fatigué et tremblant, l’adolescente succomba à la douleur et à l’épuisement. Ses yeux se fermèrent doucement, et elle perdit connaissance. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 10/08/2024 à 16:28:05
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Professeure Auror Photographe ![]() ![]() Adulte
PJS de Sixtine St.James |
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 10/08/2024 à 23:31:17 Le médaillon dans sa main brillait faiblement, mais sa lueur constante guidait Hellia comme une boussole infaillible, l’attirant irrésistiblement sur les traces de Sixtine. Chaque pas qu’elle faisait semblait résonner d’une urgence silencieuse, le froid mordant de la nuit s’insinuant sous sa cape tandis qu’elle avançait d’un pas décidé. Lorsqu'elle quitta le manoir, elle perçut un léger grincement derrière elle, le son familier de la porte qui s’ouvrait. L'espace d'un instant, elle crut qu'il s'agissait d'Adnan, sans doute désireux de reprendre leur précédente conversation. Pourtant, en se retournant, son regard croisa celui d’Aerin, l'elfe de la famille, qui trottinait maladroitement dans sa direction, ses yeux vifs reflétant une détermination inhabituelle. Elle s'arrêta un instant, avant de se détourner à nouveau, laissant la créature la rejoindre dans ce qui s’annonçait comme une course contre la montre. Aux côtés de l’elfe de maison, Hellia avançait péniblement sur le sable mouillé, chaque pas semblait plus lourd que le précédent, comme si l’angoisse elle-même pesait sur ses épaules. L’idée que les filles puissent être en danger se frayait un chemin dans son esprit, prenant peu à peu toute la place. Si elles allaient bien, elles seraient déjà rentrées au manoir, à l’abri de l’orage. Le médaillon la guidait inexorablement vers la roche, et plus elles se rapprochaient, plus cette angoisse se transformait en un sentiment d’urgence impérieux. Soudain, le doigt de Aerin pointa un amas de pierres qui obstruait l’entrée d’une grotte. Le cœur de la fourchelang s’emballa, tambourinant contre sa poitrine à un rythme effréné. Sans perdre une seconde, elle invoqua Orphée, la voix tremblante d’inquiétude, lui demandant de trouver un passage, de s’assurer que les enfants étaient bien là. Pendant ce temps, elle s’attela, avec l’aide précieuse de l’elfe, à dégager les roches qui s’étaient effondrées. Malgré le vent hurlant autour d’eux, un étrange silence régnait, interrompu seulement par le bruit des pierres déplacées et le souffle court de Hellia, tendue à l’extrême. Le mamba noir se glissa agilement entre les rochers, se fondant dans l’obscurité comme une ombre vivante. Pour elle, la pénombre n’était qu’un voile familier, et elle avançait sans hésitation, ses écailles frôlant la roche humide. L’odeur de la peur flottait dans l’air, lourde et tenace, se mêlant à celle de l’humidité et de la poussière qui emplissait la grotte. Plus elle s’enfonçait dans les ténèbres, plus cette peur devenait palpable, presque matérielle. Et puis, une autre odeur lui parvint, plus distincte, plus inquiétante : celle de l’enfant. Orphée poursuivit son chemin, glissant silencieusement sur le sol inégal, jusqu’à ce que l’eau froide commence à lécher ses écailles. En sentant cette eau et l’écho d’une angoisse grandissante, le serpent siffla un message pressant, un appel qui résonna dans l’esprit de Hellia comme une injonction urgente. Elles sont là. Fais vite. Le temps était compté. L’air portait des effluves métalliques, lourds de menace. L’odeur du sang flottait dans la grotte. À l’extérieur, Hellia sentit les paroles d'Orphée résonner en elle, comme une vibration qui s'amplifiait dans son esprit. En une fraction de seconde, toute la peur et l'angoisse qui l'avaient envahie se transformèrent en une énergie brute, incontrôlable, presque sauvage. Depuis des années, elle s'était entraînée à maîtriser cette magie ancienne qui coulait dans ses veines, mais en cet instant, ce pouvoir semblait échapper à toute logique, réagissant à l’urgence de la situation. Sans réfléchir davantage, elle leva sa baguette vers le tas de rochers. Une étincelle aveuglante en jaillit, suivie d’un éclair qui fracassa les pierres comme si elles n’étaient que du verre. Le fracas résonna dans l’air, la puissance de l’explosion renvoyant Aerin en arrière, ses grands yeux écarquillés de stupeur. La poussière se dispersa rapidement, éclairée par la lueur vacillante de sa baguette, dévoilant peu à peu ce que les ténèbres de la grotte avaient jusque-là dissimulé. La St.James n'eut besoin que d’un instant pour discerner les silhouettes des deux enfants. Sa respiration se bloqua dans sa poitrine en apercevant Sixtine, immobile, inconsciente sur le sol humide. À ses côtés, Kenia s'efforçait de la secouer, ses petites mains tremblantes cherchant désespérément à réveiller son amie. Le cœur de Hellia manqua un battement, et en quelques pas rapides, elle fut à leurs côtés. Elle tomba à genoux près de sa fille, la peur la transperçant, plus froide que l’eau qui montait doucement autour d’eux. Son regard se posa un instant sur Kenia, qui levait vers elle des yeux pleins d’espoir et de terreur mêlés. Elle passa une main tremblante sur le visage de Sixtine, chassant les mèches collées par l’humidité, son cœur battant à tout rompre. Cependant, Hellia savait qu'elle ne pouvait se permettre de céder à la panique. La peur, elle la laisserait s'exprimer plus tard, quand les filles seraient en sécurité. Pour l'instant, l'urgence était de les sortir de cette grotte. Aerin, transplane avec Sixtine. Je m’occupe de Kenia. Sa voix était ferme, résolue, et l’elfe obéit sans hésitation, disparaissant dans un craquement sourd en emportant sa fille loin de ce lieu sinistre. Hellia reporta alors toute son attention sur Kenia, qui tremblait encore, les yeux grands ouverts de frayeur. Ne t’en fais pas, ça va aller, murmura-t-elle, une tendresse maternelle imprégnant ses paroles. D’un geste précis, elle retira sa cape, encore empreinte de la chaleur de son corps, et enveloppa la jeune fille avec. Le contact du tissu sembla apaiser un peu les tremblements de Kenia. Sans perdre un instant, Hellia la souleva dans ses bras. Malgré son épuisement, une force nouvelle l’animait, une détermination farouche à les ramener toutes les deux en sécurité. Orphée, fidèle et silencieuse, les suivait de près, serpentant sur les talons de sa maîtresse. À l'extérieur, l'air frais et humide frappait son visage, mais elle ne ralentit pas, déterminée à ramener Kenia à l'abri. Le manoir n’était plus qu’à quelques pas, et avec lui, la promesse de sécurité. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 11/08/2024 à 00:45:01
Willy Hopkins ~ Golden Hour
Brian Parrish ~ Deux blaireaux en vadrouille Six/Hellia St.James ~ La caverne aux Mille Visages Camille Dubois ~ Magic comes with a price Lawrence Holmes ~ La taille des arbres Everest Howell ~ La pièce manquante ![]() |
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Styliste ![]() ![]() 6e année
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 01:45:38 Le lendemain L'obscurité était totale, et le froid mordait sa peau tandis que la poussière l’étouffait, se logeant dans sa gorge comme une poignée de cendres. L'eau glacée montait lentement, engloutissant peu à peu son corps, amplifiant cette terreur sourde qui résonnait dans son esprit. Elle était submergée par une peur viscérale, celle de ne plus jamais revoir la lumière du jour, de ne plus sentir la chaleur du soleil sur son visage. Son cœur se serra à l’idée de ne plus jamais entendre la voix de Keith, avec son doux accent russe qui avait toujours su l'apaiser. Elle redoutait de ne plus jamais revoir le sourire de sa mère, ni de partager ces moments où la musique emplissait la maison de vie. La pensée de ne plus jouer une seule note, de ne plus sentir le pinceau glisser sur une toile, fit naître en elle une angoisse profonde, un sentiment de perte irrémédiable. Elle lutta contre la panique, mais la peur persistait, oppressante, comme un poids insupportable sur sa poitrine. Soudain, elle ouvrit les yeux. Une lumière vive inonda ses pupilles, lui infligeant une douleur si intense qu'un léger gémissement s'échappa de ses lèvres. Instinctivement, elle enfonça sa tête dans l'oreiller, cherchant à échapper à cette luminosité qui l’agressait. Quand elle osa enfin rouvrir les yeux, la pièce autour d’elle se précisa, et elle aperçut un visage penché si près du sien qu’elle sursauta. C’était Greyne, l'elfe de maison, dont les grandes oreilles s’affaissèrent immédiatement, trahissant sa crainte d’avoir commis une maladresse. Greyne ne voulait pas vous effrayer, jeune maîtresse. Greyne est désolée. Greyne va chercher votre mère. Sa voix tremblait légèrement d’excuses, et avant que Sixtine ne puisse prononcer le moindre mot, l’elfe avait déjà disparu, ne laissant derrière elle qu’un air vacillant et une chambre baignée de silence. Les yeux encore brouillés par le sommeil, Sixtine parcourut la pièce du regard, réalisant qu'elle se trouvait dans la nurserie. Que faisait-elle là ? Avait-elle simplement rêvé ? Un cauchemar peut-être ? Tentant de se redresser, elle fut immédiatement assaillie par un vertige si violent qu’il lui coupa le souffle. Respirant difficilement, elle chercha un point de repère et son regard se posa sur Kenia, profondément endormie sur le lit voisin. Avec une lenteur précautionneuse, Sixtine leva le bras et aperçut un bandage soigneusement enroulé autour. Elle n’avait donc pas rêvé. Tout était bel et bien réel. Faiblement, presque en chuchotant, elle appela : Kenia ? Est-ce que tu dors ? Elle ressentait une urgence presque instinctive de se lever, de comprendre ce qu’il s’était réellement passé, mais son corps épuisé refusait de suivre cette impulsion. Chaque muscle semblait engourdi, comme paralysé par le souvenir encore vif de la peur. Résignée, elle laissa sa tête retomber lourdement contre l’oreiller, son souffle s’apaisant peu à peu. Ses yeux se fixèrent sur le plafond au-dessus d'elle, découvrant pour la première fois les fines moulures qui y couraient en arabesques délicates. Des détails qu’elle n’avait jamais pris la peine de remarquer auparavant. C’était étrange, comme si ce simple fait de les observer la reconnectait doucement à la réalité, lui rappelant qu’elle était bien là, en vie. L’idée qu’elle avait frôlé la mort lui traversa l’esprit, glaciale et implacable. Et pourtant, au milieu de cette prise de conscience terrifiante, un étrange sentiment de gratitude l’envahit. Elle était en vie. Contre toute attente, elle était encore là, capable de respirer, de sentir, de penser. Une chaleur douce, presque réconfortante, se diffusa dans son corps, apaisant les dernières traces de sa peur. Oui, elle était en vie, et c’était tout ce qui comptait en cet instant. Kenia ? Tu vas bien ? |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 14:09:25
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 16:12:41 Sixtine, encore faible, se redressa péniblement sur un coude, son regard se posant avec inquiétude sur Kenia. Les mots de la Poufsouffle, porteurs d’une résignation glaciale, résonnaient encore dans son esprit. Comment ça, malheureusement ? demanda-t-elle, sa voix trahissant une inquiétude croissante. Le ton éteint de Kenia, presque résigné, l’avait profondément troublée. Comment pouvait-elle dire une telle chose, après tout ce qu’elles avaient traversé ? Cette simple question, pourtant banale, semblait lourde de sens, comme si elle ouvrait la porte à une souffrance plus grande encore, un fardeau qu’elle ne pouvait encore comprendre mais qu’elle sentait peser sur son amie. Inquiète et un peu irritée, Sixtine se redressa entièrement, scrutant le visage immobile de Kenia, qui avait fermé les yeux comme pour se soustraire au monde. L'espace d'un instant, Sixtine se demanda si elle n'avait pas rêvé ces paroles glaçantes, si la fatigue et la douleur n'avaient pas joué un tour cruel à son esprit. Ses sourcils se froncèrent sous le poids du doute, mais son instinct la poussait à vérifier. Avec précaution, elle tendit son bras valide vers la troisième année, posant doucement sa main sur l'épaule frêle de Kenia. La chaleur de ce contact semblait vouloir chasser l'obscurité qui pesait sur elles. Pourquoi tu dis ça, Kenia ? Sixtine sentait monter en elle un tourbillon d’émotions contradictoires. Elle avait envie de secouer Kenia, de lui crier qu'elles étaient en vie, que c'était tout ce qui comptait. Elles avaient échappé à la mort, et il fallait chérir cela. Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que quelque chose de plus profond se jouait derrière ce silence. Soudain, Kenia ouvrit les yeux, et leur regard se croisèrent. Ce fut un échange troublant, comme si un abîme s’étendait entre elles. Le regard de la blairelle semblait perplexe, presque égaré, comme si elle luttait pour se rappeler où elle se trouvait, ou même qui elle était. La sixième année sentit une inquiétude grandissante se nouer dans sa poitrine. Peut-être était-ce une conséquence de leur mésaventure, une séquelle laissée par leur terrible épreuve. La question que Kenia lui posa alors la laissa interdite, son cœur se serrant d’angoisse. Pourtant, elle tâcha de garder une voix calme, rassurante, bien que son esprit s’agitait de sombres pensées. Kenia, c'est moi, Sixtine. Tu es à la maison, le temps que ton frère soit en déplacement. Tu te souviens ? Nous sommes allées nous promener sur la plage, explorer ces grottes… Elle marqua une pause, cherchant désespérément une lueur de reconnaissance dans les yeux de son amie. Peut-être que Kenia avait reçu un choc à la tête, ce qui pourrait expliquer son trouble. L’idée lui glaça le sang, mais elle refusa de céder à la panique. Pour l'instant, tout ce qui comptait, c'était de ramener Kenia à elle, de l'aider à retrouver ses repères dans un monde qui semblait soudainement lui échapper. Se levant avec précaution, elle traversa l'espace qui les séparait, chaque mouvement lui rappelant la douleur persistante dans son bras. Elle s’assit doucement sur le bord du lit de son amie, veillant à ne pas trop solliciter ses muscles encore endoloris. Je ne sais pas, ça fait un peu mal, murmura-t-elle, répondant à la question de Kenia. Je viens à peine de me réveiller moi aussi. Elle laissa échapper un soupir, sentant la réalité de leur situation s’enrouler autour d’elles comme un brouillard épais. Mais je crois que nous avons eu beaucoup de chance, tu sais. Sa voix était douce, presque apaisante, comme si elle cherchait à rassurer autant Kenia qu’elle-même. Elles étaient là, vivantes, contre toute attente. Des images de l’éboulement dans la grotte affluèrent par vagues, envahissant son esprit. Elle revivait cette peur glaciale, ce noir oppressant qui les avait englouties toutes les deux, laissant l’écho de leur solitude résonner dans ses pensées. Elle se souvenait de l’étreinte du froid, de l’humidité, et de cette sensation de fin imminente. Alors qu’elle s’apprêtait à interroger Kenia, cherchant à savoir ce dont elle se souvenait, un autre son interrompit ses pensées. Le bruit distinct des talons de sa mère résonna dans le couloir, se rapprochant à chaque pas. Ce son, familier et rassurant, lui rappela qu’elles étaient en sécurité à présent, loin du danger. Pourtant, le souvenir du noir, si près de les emporter, restait gravé en elle, comme une ombre qui refusait de se dissiper. |
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 18:53:12
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 13/08/2024 à 00:10:33 Installée à côté de Kenia sur le lit, Sixtine observait le visage de la jeune fille, un masque de douceur qui cachait une mer de confusion. Malgré tous les efforts visibles de la blairelle pour paraître en contrôle, il était clair comme de l'eau de roche qu'elle était dans le flou total. Le manque de souvenirs chez son amie était aussi évident que le nez au milieu du visage. La Serpentard ne savait pas si c'était sa propre habileté en légilimancie qui lui permettait de décoder si bien l'attitude de Kenia ou si c'était un lien plus profond qu'elle ressentait. Ce qu'elle savait, c'était que quelque chose n'allait pas, que les pièces du puzzle ne s'assemblaient pas comme elles le devraient. Un sentiment d'inquiétude persistait, semblable à une ombre flottante qu'elle ne pouvait ignorer. Lorsqu’elle aperçut les larmes dévalant les joues de Kenia, un instant de stupeur la saisit. Avant même qu'elle puisse réagir, des sanglots violents secouaient les épaules de la Katteridge, un torrent de douleur et de désespoir qui semblait déborder de chaque pore. C’était la première fois qu’elle voyait quelqu’un pleurer avec une telle intensité, un déchaînement d’émotions aussi brut et sincère. Le spectacle, aussi poignant qu'inattendu, laissa Sixtine désorientée, incapable de trouver les mots ou les gestes appropriés pour apaiser son amie. Et juste avant qu’elle ne puisse rassembler ses pensées, les paroles bouleversantes de son amie frappèrent ses oreilles comme un coup de tonnerre. Sans plus attendre, elle posa doucement sa main valide sur l’épaule tremblante de Kenia, l'attirant vers elle dans une étreinte enveloppante et réconfortante. Sa main caressait tendrement les cheveux de son amie, un geste empreint de douceur et de chaleur. Je suis là, ne t’en fais pas. Ce n’est rien. C’est sans doute le choc, murmura-t-elle, sa voix empreinte de calme et de sérénité. La Serpentard avait entendu les paroles déchirantes de Kenia, ses mots étaient chargés d'une confusion poignante, mais pour l’instant, il était crucial de chasser les ombres de l’angoisse et de lui rappeler qu’elle n’était pas seule. La chaleur de son étreinte était, l’espérait elle, une lueur dans l’obscurité, un havre de paix dans la tempête émotionnelle qui secouait la jeune sorcière. C’était peut-être ça, avoir une petite sœur : être là pour la réconforter, la protéger, et parfois, la taquiner. C’était ainsi que Sixtine concevait le lien fraternel. À travers cette étreinte apaisante, elle cherchait à lui offrir ce qu’elle avait toujours imaginé comme essentiel dans une relation de frère ou sœur : un soutien constant, une présence rassurante et un réconfort inébranlable. Tu n’as pas à être désolée, ce n’est rien. Je te raconterai tout, et tu finiras par t’en souvenir. Ces mots étaient une promesse, un phare dans la nuit noire de l’amnésie de Kenia. Le bruit des talons qui résonnait dans le couloir annonçait l'arrivée imminente d'Hellia, et Kenia se figea, essuyant ses larmes d’un geste furtif et maladroit. En un instant, son visage adopta une expression de calme, un masque d’impassibilité contrastant violemment avec les sanglots récents sous le regard médusé de la vipère . Je ne dirai rien, murmura-t-elle. Elle savait que la confiance était un trésor fragile, et sa promesse était une véritable déclaration de loyauté. Le poids de la tourmente intérieure de Kenia pesait sur ses épaules, et elle était déterminée à préserver le sanctuaire fragile de ses émotions, quel qu’en soit le coût. Attrapant un gant posé sur la table de nuit, Sixtine le plongea dans la bassine d'eau fraîche, comme si elle puisait une bouffée de calme dans la clarté liquide. Avec une douceur infinie, elle tamponna les yeux de Kenia, chaque mouvement empreint de tendresse. Je vais t'aider, d'accord ? Tu me fais confiance ? Elle ne pouvait expliquer pourquoi elle ressentait ce besoin impérieux de soutenir Kenia, pourquoi une telle volonté de réconfort émergeait en elle sans raison apparente. C'était comme un instinct, une connexion profonde et inexplicable qui transcende la logique. Tout ce qu’elle savait, c’était que la petite Katteridge avait besoin d’un pilier dans cette mer de confusion, et elle était déterminée à être ce pilier, même sans comprendre pleinement la nature de cette impulsion. |
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