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Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde

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La caverne aux Mille Visages
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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 31/07/2024 à 09:14:58

~ Joyce ~

On pouvait dire que la petite brunette se sentait parfaitement à l'aise dans cette salle, même si elle n'avait jamais pratiqué la danse et n'avait jamais été particulièrement attirée par cette discipline. Pourtant, le piano à queue dans la pièce voisine lui rappelait fortement celui qui trônait dans le grand hall d'entrée du manoir Katteridge. Il faut dire que la maison de Sixtine était si vaste qu'elle pouvait se permettre des pièces dédiées à cela. "Oh, j'adore le piano à queue. Nous en avons un similaire chez mon frère, mais il est placé dans l'entrée, pas dans une pièce aussi magnifique. Ta maison est vraiment immense !" Joyce avait une parole beaucoup plus spontanée que l'hôte du système.

La salle de musique était un espace élégant et raffiné, conçu pour inspirer créativité et expression artistique. Elle était vaste, avec des murs recouverts de panneaux de bois sombre qui ajoutaient une touche chaleureuse et classique. Le plafond était si haut et si joliment décoré, cela accentuait grandement la taille de la pièce. Au centre, trônait le fameux et magnifique piano à queue. Les autres instruments de musique étaient disposés avec soin autour de la salle. Des partitions et des livres de musique étaient empilés de manière ordonnée sur une étagère en bois, prêts à inspirer les musiciens qui entraient. Les fenêtres larges et hautes laissaient entrer une abondante lumière naturelle, baignant la pièce d'une ambiance chaleureuse et invitante. De lourds rideaux en velours encadraient les fenêtres, contribuant au côté luxueux de la salle. Joyce était sûre que l'acoustique devait être incroyable.

Elle regardait Sixtine enfiler ses chaussons de danse, appréciant le moment présent. Le sujet de conversation venait de prendre une tournure intéressante :
"Oui, mon compositeur préféré est un Moldu, je ne sais pas si tu connais Bach. J'apprends en ce moment une de ses œuvres au violon, et j'aime beaucoup. Et toi ?" Joyce connaissait moins bien Tchaïkovski, mais se souvenait de l'essentiel : "Oh, n'est-ce pas lui qui a composé Le Lac des cygnes ?" Le titre lui revint rapidement en mémoire. Elle avait essayé de jouer un peu de cette pièce au piano l'été dernier, mais sans la partition, elle avait probablement tout oublié.

Elle fut très contente que Sixtine lui propose de jouer, bien que se demandant pourquoi elle avait tout à l’heure prétendu ne pas savoir jouer d'un instrument. Cela n'avait aucun sens : elle ne jouant pas d’un instrument c’était comme dire qu’elle était illettrée.
"Si, si, ne t'inquiète pas, je sais jouer. Tu as dit que tu avais un violon qui traînait, je peux ?" Elle réfléchissait déjà à ce qu'elle pourrait interpréter. Son esprit revenait inlassablement à Bach, probablement pas par hasard. "Bon, je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à Jean-Sébastien Bach, donc je pense que je vais jouer ça. Je pourrai te montrer ce que je travaille en ce moment." Joyce était toute excitée. Elle aimait tellement jouer en duo, bien qu'elle n'ait jamais eu l'occasion de faire autre chose que des duos musicaux. Avec son frère, ils jouaient parfois des quatre mains au piano, ou elle ajoutait un accompagnement de violon à son jeu au piano, ce qui donnait souvent un résultat très beau.

Willy Hopkins ~ Golden Hour
Brian Parrish ~ Deux blaireaux en vadrouille
Six/Hellia St.James ~ La caverne aux Mille Visages
Camille Dubois ~ Magic comes with a price
Lawrence Holmes ~ La taille des arbres
Everest Howell ~ La pièce manquante



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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 31/07/2024 à 19:58:12

Sixtine était ravie de découvrir une Kenia qui semblait à présent beaucoup plus à l'aise. Ses yeux pétillaient en parcourant la pièce, et sa voix était enjouée lorsqu'elle s'exprimait. Cela enchantait la Serpentard, qui oublia alors le quiproquo précédent, heureuse qu’elles partagent une même passion.

Lorsqu’elle parlait de la maison des Katteridge, Sixtine remarquait que Kenia disait toujours “chez mon frère” plutôt que “chez moi” ou “chez nous”. Ce détail piquait sa curiosité et la surprenait un peu, mais elle n'allait certainement pas se montrer indiscrète.
Je suis certaine que votre maison doit être tout aussi belle, répondit-elle avec un sourire chaleureux. Et un piano dans l'entrée, c'est tout de suite plus accueillant. Ça donne cette impression d'un foyer plein de vie. La musique a ce pouvoir de créer des liens. C'est un langage universel qui transcende les mots et les différences. Peu importe où l’on vient ou ce que l’on vit, la musique peut nous rapprocher. Je suis vraiment heureuse que tu sois ici, ajouta Sixtine avec sincérité. J’espère que tu te sentiras comme chez toi, et que nous pourrons partager de nombreux moments musicaux ensemble.

Si, c’est bien lui, confirma Sixtine avec un sourire. Alors que la jeune fille parlait de son travail sur une œuvre de Jean-Sébastien Bach, Sixtine sentait naître un lien, une reconnaissance mutuelle de l'amour pour la musique. Elle hocha la tête, reconnaissant le nom du compositeur avec une expression chaleureuse, comme pour affirmer une complicité naissante. Délaissant les barres de danse, elle se dirigea avec grâce vers le piano, ses doigts frôlant délicatement les touches avant de commencer à jouer. La pièce fut rapidement envahie par une douce mélodie, mélancolique et envoûtante, chaque note semblant flotter dans l'air, légère comme une plume. Ses mains se mouvaient avec une aisance naturelle, témoignant de longues heures de pratique et d'une passion profonde pour l'instrument.

Bien sûr, tu peux le prendre, il est là-bas, dit-elle en désignant d'un signe de tête le violon reposant dans son étui, à l'autre bout de la salle. Elle arrêta sa mélodie, le dernier accord résonnant encore légèrement alors qu'elle se retournait pour regarder Kenia, un sourire encourageant sur les lèvres. L'idée de jouer ensemble enchantait la Serpentard, une rare occasion de fusionner deux instruments dans une harmonie parfaite.

Ses yeux brillaient d'anticipation.
Je serais ravie de t'accompagner et de découvrir ton travail, ajouta-t-elle, impatiente de voir ce que la jeune musicienne avait à offrir. Elle avait toujours cru que la musique avait une manière unique de révéler l'âme de ceux qui la pratiquent, et elle était curieuse de découvrir celle de Kenia.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 01/08/2024 à 15:31:49



Joyce se reconnaissait entièrement dans les paroles de Sixtine. Les mots de cette dernière avaient parfaitement décrit l'impact profond que la musique avait sur elle. Les émotions décrites par Sixtine semblaient être celles qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle écoutait une mélodie, une harmonie ou même un simple accord. Chaque fois que Joyce se perdait dans une symphonie ou se laissait emporter par un morceau de musique, elle vivait des expériences qui allaient bien au-delà de la simple écoute.

Pour elle, la musique n'était pas simplement un ensemble de notes et de rythmes. C'était un refuge, une évasion, une forme d'expression pure. C'était une partie intégrante de son être, capable de déclencher des vagues d'émotions qu'elle peinait parfois à exprimer par des mots. Lorsque Sixtine avait parlé de la manière dont la musique pouvait transcender les limites de la communication ordinaire, Joyce avait eu l’impression que ces mots avaient été choisis juste pour elle. C'était comme si Sixtine avait mis en lumière des sentiments que Joyce portait en elle depuis toujours, mais qu'elle avait du mal à formuler clairement.

Sur l’autorisation de son hôte, Joyce se dirigea avec un certain empressement vers le coin de la pièce que cette dernière lui avait indiqué. Là, reposait le violon, accompagné de son archet soigneusement posé à côté. Avec une délicatesse empreinte de respect, pour le titulaire du violon et pour le violon lui-même, elle s'approcha et le prit délicatement entre ses doigts
Le violon, au bois poli et aux courbes élégantes, semblait presque briller sous la lumière douce de la pièce. Sa finition brillante, légèrement marbrée de teintes dorées, témoignait d’un artisanat impeccable et d’un soin méticuleux.

Elle posa une main attentive sur le dos du violon, puis prit l’archet, son bois encore plus poli que le violon, et en fit glisser la mèche de crin entre ses doigts pour vérifier sa tension. Elle s’enquit ensuite d'ajuster le violon sous son menton, le faisant glisser dans la position familière qu’elle connaissait si bien. Ses doigts effleurèrent les cordes avec une tendresse respectueuse avant de s’enrouler autour du manche, tandis que l’archet, à peine en contact avec les cordes, commença à produire les premiers sons.


Tu as une partition que tu voudrais qu’on joue ensemble ou tu préfères danser pendant que je joue ?”*


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 02/08/2024 à 17:49:47 - Modifié : 02/08/2024 à 17:56:56

D'un commun accord, Sixtine prit place à la barre de danse, tandis que Kenia, son violon en main, se préparait à jouer. C’était un instant précieux, une synergie délicate où les deux jeunes filles exploraient et partageaient l'univers artistique de l'autre. Les notes de musique s’élevaient dans l'air, enveloppant Sixtine alors qu'elle exécutait des mouvements gracieux, chaque pas et chaque geste reflétant la mélodie que Kenia faisait naître de son instrument. Ensemble, elles tissaient un dialogue silencieux, où la danse et la musique se répondaient en parfaite harmonie, créant un moment d'échange sincère.

Elles avaient passé le reste de la journée dans cette pièce, se laissant porter par la musique et la danse, jusqu'à ce que la lumière du jour commence à s'estomper. En début de soirée, elles n’en étaient sorties que pour le repas. Une fois celui-ci terminé et après avoir échangé quelques mots avec Hellia, elles s'étaient retrouvées à l'étage. Chacune avait pris une douche, enfilé un pyjama, puis elles s'étaient retrouvées pour discuter longuement une bonne partie de la nuit. Leur conversation, ponctuée de rires et de confidences, les avait menées à discuter de la mer. Kenia ne l'ayant jamais vue, Sixtine lui proposa de planifier une petite escapade sur la plage pour le lendemain.



✻ Le lendemain matin ✻



Ce matin-là, un soleil éclatant baignait le manoir de lumière, promettant une journée agréable. Après avoir savouré un copieux petit-déjeuner, Sixtine et Kenia quittèrent la maison, prêtes pour leur escapade à la plage. Sixtine voulait montrer à Kenia l’une de ses petites merveilles préférées : une plage nichée au pied des falaises du manoir.

La plage écossaise, discrète et sereine, s'étendait comme une anse intime, entourée de hautes falaises abruptes. Le sable fin, parsemé de galets lisses, offrait un contraste saisissant avec les imposants rochers qui encerclaient la crique. Les vagues, douces et régulières, venaient se briser sur les pierres, créant une mélodie apaisante, une symphonie naturelle qui résonnait dans le calme du matin. L'air salin, frais et vivifiant, portait avec lui les cris lointains des mouettes et le parfum iodé de la mer. C'était un endroit d'une beauté sauvage et préservée, où la nature se montrait dans toute sa splendeur brute.

Arrivées sur la plage, Sixtine ne perdit pas un instant. Elle retira ses chaussures et s'élança pieds nus sur le sable, sentant chaque grain s'enfoncer sous ses pas. Elle inspira profondément l'air frais et salé venant de la mer, savourant cette sensation de liberté. Sans perdre son élan, elle s'avança jusqu'au bord de l'eau, où les vagues venaient lécher la rive. Elle plongea ses pieds dans l'eau fraîche, laissant le courant léger chatouiller ses orteils. Avec un sourire espiègle, elle se tourna vers Kenia et, dans un geste rapide, éclaboussa l'adolescente d'une gerbe d'eau scintillante. Son rire cristallin résonna sur la plage.


Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? On peut se baigner où se promener. Par là bas, il y a des grottes dans les rochers, j’allais y ramasser des coquillage quand j’étais plus petite.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 02/08/2024 à 23:53:33


Habituellement la jeune poufsouffle était plutôt une lève tôt. Parfois Beverly en profitait pour aller faire ses footing dans le parc de Poudlard, pendant que la rosé du matin s'évaporait, lorsque quelques oisillons chantonnaient le retour de la mère ou encore que des professeurs peaufiné les derniers éléments de leur cours de la journée, mais jamais d'élèves. Si Beverly n’était pas de sortie, Kenia se contentait d’étudier.

Ce matin toutefois le réveil fut plus compliqué et la jeune Katteridge eut du mal à comprendre pourquoi. Ses derniers souvenirs de la veille remontaient à 15 heures, peu après que son frère l’ai déposé chez les St.James, Sixtine lui montrait sa chambre et la suite était très floue. Impossible qu’elles se soient couchées si tôt, surtout au vu de la fatigue qui tirait ses yeux, toutefois de l’autre côté ses trous de mémoirs lui faisaient défaut. [pas encore…]

Au moins il n’y eut pas l’air d’avoir de malaise avec sa nouvelle amie, ce qui l’a détendit d’autant plus. Ce qui était étrange toutefois c’est qu’elle fit plusieurs fois référence à des choses qui se seraient passé la veille et qui étaient tout simplement impossible : Kenia jouer du violon ? Jamais. Fallait juste espérer que le rêve de la St.James ne la pousse à lui demander une démonstration car pour l’instant elle s’était morfondue dans un mensonge en disant qu’elle s’était bien amusée hier aussi.

Le petit déjeuné avait était très savoureux et désormais elles se mettaient en route pour la mer ou la plage comme l’appelait Sixtine. Cela avait dû être son frère qui leur avait dit qu’elle n’avait jamais vu la mer car la sixième année semblait déjà savoir qu’il s’agissait de la première fois.

Une fois arrivée là-bas, elle resta abasourdi. Elle avait beaucoup entendu parler de la fameuse mer mais jamais ne s’était-elle attendu à quelque chose d’autant souffle prenant. Elle avait déjà vu des étendus d’eau, mais avec autant de mouvement, cela semblait presque fictif, comme dicté par une magie extérieure. D’où venait le mouvement des vagues qui s’échouaient à quelques pas de leurs pieds ? Ses yeux suivaient le mouvement se demandant ce qu’il y avait après. Bien sûr, elle savait que la terre était ronde mais maintenant devant les faits, elle avait du mal à tout saisir. Époustouflant.
“Sixtine…” Kenia avait laissé son prénom s’échapper d’entre ses dents comme si cela témoignait de son admiration pour le tableau qui se peignait devant ses yeux. Elle n’avait en fait pas les mots.

Les deux propositions que la St.James lui avançaient étaient tentantes, mais pour l’instant il se pourrait qu’il y avait encore une petite crainte en elle par rapport à la première. Pouvaient-elles se faire porter par les vagues ? Pour aller où ? Avaient-elles pieds ? Kenia ne savait pas nager. Beverly probablement, mais cela restait un savoir et malgré son corps athlétique dû à la présence de cette dernière dans le système, sans le mental et la connaissance pratique des choses, les muscles, ça ne faisait pas tout. Voulant pas poser toutes ses questions à voix haute et paraître pour la réservée qu’elle était, elle choisit la deuxième option.
“Partante pour la promenade si ça te va !” Espérant vraiment que ça lui irait.

Avant tout, elle préféra néanmoins retirer ses chaussures de la même façon que Sixtine, il fallait dire que tous ces petits grains de sable, bien que très agréable sous son pied nu l’étaient beaucoup moins entre sa chaussette et sa chaussure. Pendant qu’elle faisait ainsi, la fille de Hellia avait déjà ses pieds dans l’eau et sans qu’elle ne puisse s’y attendre se fit éclabousser lui laissant échapper un petit cri de surprise suite auquel elle laissa sa bouche ouverte, les yeux fixé vers Sixtine un sourire amusé aux lèvres, réfléchissant à si oui ou non elle devrait prendre sa revanche, ce n’était pas trop dans ses habitudes de petites fille parfaite et maniéré. Aujourd’hui toutefois, pour la première fois, elle eut l’impression de s’être fait une vraie amie et de pouvoir réellement être la personne qu’elle voulait. Abandonnant donc ses chaussures et ses chaussettes à l’intérieur sur le sable, elle s’élança à la poursuite de Sixtine dans le but de l’éclabousser également. Tout ce qu’elle réussit à faire néanmoins fut de mouiller le début de sa robe blanche, Noah aurait pas était très content pensa t-elle. Après tout, c’est vrai qu’elle ne s’était pas trop amusée à s’enfoncer dans l’eau pour atteindre Sixtine, d’où son échec.

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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 04/08/2024 à 15:35:02

Les éclats de rire de Sixtine résonnaient sur la plage, portés par le vent marin, tandis qu'elle s'élançait, tentant d'échapper à la riposte de Kenia. C'était un véritable plaisir de voir sa nouvelle amie s'ouvrir, sortir de sa coquille et agir spontanément, sans se soucier des conséquences. Celles-ci, d'ailleurs, se limitaient à leurs vêtements mouillés, une petite mésaventure sans gravité qui ne faisait qu'ajouter à l'amusement de l'instant.

Essoufflée par leur course, Sixtine se laissa tomber sur le sable, s’asseyant pour attacher ses cheveux bruns en une queue-de-cheval. Elle récupéra ses chaussettes pleines de sable, les secoua, puis les rangea soigneusement dans ses chaussures.
Allons nous promener, alors ! s’exclama-t-elle avec enthousiasme, ses tennis à la main. Elle s'élança dans une direction familière, un sourire sur les lèvres. C’était un chemin qu’elle connaissait bien pour l’avoir arpenté de nombreuses fois dans son enfance, bien avant d’intégrer Poudlard.

Les rochers en contrebas du manoir cachaient des cavités secrètes, révélées uniquement à marée basse. Ces grottes, accessibles par la plage, offraient un sanctuaire naturel, un peu mystérieux pour l’enfant qu’elle était alors. Elle s’y rendait souvent pour ramasser des coquillages afin d’en faire des bijoux ou les utiliser sur ses peintures, au grand dam d’Hellia qui s’inquiétait souvent par rapport aux éboulements des rochers par mauvais temps. Mais cela n’était jamais arrivé lors de ses expéditions et Sixtine ne pensait pas que cela pourrait se produire un jour. Surtout qu’il n’y avait aucun nuage à l’horizon en signe d’orage. L’occasion était donc idéale. Puis, elle était certaine que cela allait plaire à Kenia. Viens, je vais te montrer quelque chose d’incroyable. Dit-elle en attrapant la main de sa nouvelle amie et en l’entraînant à sa suite.

Elles s’avancèrent prudemment vers l’une des cavités. En pénétrant dans la grotte, elles furent accueillies par un air frais et humide, contrastant agréablement avec la chaleur extérieure. La lumière du jour se faufilait à travers les ouvertures de la caverne, créant des motifs dansants sur les parois de pierre. À l'intérieur, des flaques d'eau limpide parsemaient le sol sablonneux, reflet de la mer laissée par la marée basse. Des coquillages de toutes sortes, étaient éparpillés un peu partout, certains encore habités par de petits crustacés. Sixtine se baissa pour en ramasser quelques-uns, ses yeux brillant de la même fascination enfantine qu’elle avait toujours eue pour ces trésors marins. Elle en tendit une poignée à Kenia. Regarde ces coquillages, ils sont magnifiques.

Les parois de la caverne, lissées par des siècles d'érosion, étaient striées de veines minérales colorées, du gris bleuté au vert profond, créant une tapisserie naturelle captivante. Des stalactites et stalagmites ornées de cristaux de sel ajoutaient une touche féerique à l’ensemble. J’ai toujours l’impression d’être dans un autre monde lorsque je viens ici.


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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 05/08/2024 à 15:48:49


Des éclats d'eau accompagnaient chaque pas que Kenia faisait dans la mer. En cet instant sa seule volonté était de prolonger le moment le plus possible, c'est simple, magique, cela stimulant l'imagination et plus que tout elle s'entendait rire, être elle même, ça n'avait pas de prix. Elle aurait pu continuer des heures comme ça à courir après Sixtine en riant à en avoir un point de côté mais cette dernière était déjà retourné sur terre ferme. S'élançant à sa poursuite, elle l'imita, s'allongeant à ses côtés dans le sable.

La brunette l'observa se faire une queue de cheval ce qui la plongea dans des souvenirs de début d'année dans son dortoir. Noah faisait de son mieux pour occuper un rôle de père mais les trucs girly il passait outre sans vraiment se poser de questions. Les cheveux de Kenia avaient donc toujours été lâchés, elle avait appris à se les couper toute seule dans son ancienne famille adoptive et s'en était assez pour s'occuper toute seule de sa chevelure. En début d'année, une de ses camarades lui avait appris à attacher ses cheveux en queue de cheval et même à les tresser, bien qu'il y ait encore un peu de travail à faire sur cet aspect là.

Alors que la St.James donnait les devant pour aller se promener la troisième année se leva avec hâte et se lança à sa suite, toujours plus excité.
"Tu viens souvent seule ici?" Demanda t-elle curieuse, chez Noah c'était que des champs, des champs et encore des champs, quelques moutons par ci par là mais bon à par courir derrière les occupations étaient pas folles. Lorsque Sixtine lui attrapa sa main, elle se laissa entraîner, un sourire qui laissait transparaître toute la joie qui l'habitait sur ses lèvres.

Elles arrivèrent dans une sorte de grotte où l'air était un peu plus frais, jusqu'à là il est vrai qu'elle n'avait pas remarqué la chaleur extérieur, mais la journée était si belle ! La grotte dans laquelle Sixtine l'avait amené était aussi magique que le reste, des sortes de cornes de licornes émergeaient du sol, en bas comme en haut.
"Waw Sixtine, c'est vraiment..." elle laissa sa phrase en suspens incapable de trouver le mot qui allait bien. "Je comprends bien l'autre monde dont tu parles..." poursuivit-elle toujours autant émerveillée.

Sa nouvelle amie s'était déjà penchée pour attraper de tout petits cailloux sur le sol qu'elle présenta comme étant des coquillages.
"Des coquillages ?" En se baissant pour attraper ce que la vert et argent avait nommé ainsi elle sapercu que cela n'avait rien d'un cailloux, beaucoup plus fragile et creux. "Oh c'est creux ? Ça vient d'où ?" Malgré les heures que Kenia passait la tête plongé dans les livres certaines choses n'avait jamais traversé ses yeux et sa curiosité était désormais grandissante.

Kenia n'avait jamais était une super aventurière, elle avait toujours eu ses craintes, bien qu'elle les masquait mais c'était plus le style de personne à s'occuper à lire et écrire plutôt qu'à jouer dehors, c'était probablement la manière dont elle avait était élevé qui influençais cela. Pas pour rien qu'elle n'était pas chez les lions après tout. Néanmoins aujourd'hui elle était intriguée, la grotte semblait regorger de pleins de secrets et malgré le fond très sombre Kenia se demanda ce qu'il pouvait s'y cacher.
"Tu es déjà allé jusqu'au fond ?"


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 07/08/2024 à 22:08:22

J’y venais souvent quand j’étais enfant. Les coquillages dans sa main étaient petits, délicatement ciselés par les vagues et le temps. Leurs teintes variées, allant du blanc nacré à des nuances douces de rose et de beige. Chacun avait sa propre forme unique, certains étaient spiralés, d'autres plats, ornés de stries naturelles qui racontaient leur histoire marine. Ces fragments de la mer, si fragiles, étaient pour elle des trésors infiniment précieux. La grotte autour d'elles semblait respirer l’histoire de chaque marée, ses parois de pierre lisse renvoyant des échos discrets de la mer au-dehors. Des flaques d’eau cristalline parsemaient le sol, reflétant les minuscules lueurs provenant des coquillages et des cailloux luminescents. L’air, chargé d’embruns et de sel, créait une ambiance mystérieuse et apaisante, comme si la caverne elle-même gardait les secrets des profondeurs marines.

Sixtine observait Kenia, émerveillée elle aussi par la beauté de la grotte, comme si elles se trouvaient dans une véritable caverne aux merveilles. Elle ne savait comment l'expliquer, mais elle ressentait un lien entre elles deux. Sans doute parce qu'elles partageaient quelques points communs et des passions similaires. C'était en tout cas la seule explication qui lui venait à l'esprit. Elle ouvrit de grands yeux lorsque sa nouvelle amie lui demanda ce qu'étaient les coquillages, puis se ravisa, réalisant que tout le monde n'avait pas la chance de vivre près de la mer. Ce sont des coquillages. Ils sont creux parce qu'ils sont vides, mais normalement, il y a des mollusques à l'intérieur. Tu sais ce que c'est ? La coquille leur sert de protection, je crois. La St.James aimait les coquillages pour leur beauté, mais elle n'était pas une experte et ses connaissances se limitaient à cela. Elle n'aurait pas pu en dire beaucoup plus.

Occupée à chercher d'autres trésors pour ses futures œuvres, Sixtine scrutait le sable d’un œil inquisiteur. À la question de Kenia, elle jeta un regard vers le fond sombre de la grotte et secoua la tête. Je dois bien avouer que non, je n’ai jamais osé. Si l’adolescente avait plus le goût de l’aventure que son amie, elle n’était pas pour autant courageuse. S’aventurer en terrain connu, oui, mais découvrir un endroit sombre où l’on ignorait ce qui pouvait se tapir dans le noir, très peu pour elle, surtout sans baguette. Ne me dis pas que tu veux y aller ? demanda-t-elle en déglutissant, une pointe d’inquiétude dans la voix.

La grotte semblait presque vivante, son obscurité mystérieuse offrant une invitation à la fois tentante et inquiétante. Les flaques d'eau scintillaient faiblement, capturant les rares reflets de lumière qui osaient pénétrer l'ombre. Sixtine sentit son cœur battre plus vite, hésitant entre la curiosité et la prudence.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 08/08/2024 à 12:18:13



Ce qui pouvait être facilement affirmé était que les deux jeunes filles étaient loin d'avoir partagé une enfance similaire. On lui avait dès son plus jeune âge appris à ne pas jalouser qui que ce soit et aujourd'hui elle en était même venu à ne pas comprendre le sentiment, seulement elle ne pouvait s'empêcher de se dire que Sixtine avait eu beaucoup de chance. Néanmoins, Kenia savait une chose : souvent les choses moins joyeuses on les cache au plus profond de nous et par conséquent il valait mieux ne pas juger un croup par sa queue. Elle n'aurait pas été surprise de découvrir que la St.James avait eu une enfance difficile elle aussi bien qu'elle avait du mal à s'imaginer un pareil scénario. Après tout, que pouvaient penser les gens d'elle ? En surface ce n'était pas comme si on pouvait lire toute son histoire.

Sixtine lui offrait un cours sur ce qu'elle appelait les coquillages ce qui eut le mérite de satisfaire la curiosité de la blairelle. Pendant que la sixième année lui parlait, elle s'était penché au-dessus du sable en évitant que sa robe mouillée rentre en contact avec ce dernier, la salir encore plus n'était probablement pas idéal. Avec ses doigts fin, elle écartant quelques grains de sable qui semblaient cacher l'un de ces coquillages, Sixtine avait raison, les coquillages étaient magnifiques ! Elle passa son doigt dans son creux lisse, appréciant la texture. Il y avait donc des petits animaux qui habitaient dans ces petites coquilles ?
“ oui oui j'avais dû lire ça dans une histoire ou j'avais peut être lu un livre sur les animaux marins je sais plus mais oui, c'est un petit animal marin c'est ça ?”

Leur attention s'était tournée vers le fond de la grotte et malgré sa curiosité pour ce qui pouvait s'y cacher au fond elle partageait la position de Sixtine
“sans façon merci” refusa-t-elle poliment en rigolant. Kenia aurait été curieuse de savoir ce qu'il y avait au fond si jamais Sixtine y avait mit les pieds mais ce n'était certainement pas dans ses plans que de s'y rendre. Elle n'avait pas sa baguette non plus mais de toute façon d'une part elle n'avait pas le droit de faire de magie en dehors de l'école et d'autre part elle n'était pas sûre que ses connaissances de troisième année seraient suffisantes s'il se passait quelque chose. Elle aurait pu au mieux lancer un lumos pour les éclairer mais en termes de protection c'était assez rudimentaire.

Comme pour les conforter dans leur choix et renforcer la vision peu rassurante du fond de la caverne, la luminosité s'obscurcit assez précipitamment. Les deux jeunes filles n'eurent pas vraiment le temps de se poser plus de questions car un bruit sourd éclata : celui de l'orage suivit bientôt par une pluie d'une violence décourageante. À en juger par le spectacle extérieur, il valait mieux rester abritée sous la caverne. Kenia n'avait jamais eu peur de l'orage mais ce n'était pas forcément quelque chose qui la berçait pour autant et elle aurait préféré être à l'intérieur avant qu'il n'éclate. Ce qu'elle savait toutefois par expérience était que ce genre de tempête ne durait rarement que quelques minutes. La prise de décision n'était pas vraiment son truc, elle laissait Sixtine s'en charger.
“Sixtine ?” Elle ne savait pas trop ce qu'elle attendait en réponse.

Quand bien même la verte et argent aurait souhaité lui répondre quelque chose, il était trop tard : le bruit de l'orage semblait être couvert par un nouveau bruit, plus proche, effrayant cette fois-ci. La roche autour d'elles tremblait violemment, Kenia sentait la panique croître et se nouer dans sa gorge. Elle voulu faire un pas vers Sixtine, munit d'un regard effaré, en recherche de réconfort. Mais tout survient trop rapidement.

Les roches au-dessus de leur tête se brisèrent comme si elles n'avaient jamais été tenu par autre chose que du papier. Elles s'écroulèrent au sol dans une poussière de sable que Kenia avala d'une traite. Subjuguée par le spectacle, elle n'avait pas pensé à refermer sa bouche, désormais elle ne pouvait que regretter. Les deux jeunes filles étaient prisonnières des rochers, Kenia ne voyait même plus Sixtine et la position dans laquelle elle était commençait sérieusement à lui faire mal. Du mieux qu'elle put elle voulu repousser certaines pierres, trouver un trou pour respirer, mais elle était trop frêle et les roches trop lourdes. Il ne lui restait que ses poumons pour tousser tout le sable qu'elle avait avalé. Incapable de parler. la pluie s’infiltrait doucement, la trempant totalement. Elle avait froid, ses poumons étaient en feu, son bras était anesthésié par la roche qui était dessus, elle avait peur, ne voyait plus Sixtine et il n'était plus la peine de se soucier de sa robe, déchirée de toute part, sali par les roches qui la maintenait prisonnière et le sable qui voletaient comme une brume autour d'elles malgré la pluie. Une larme coula le long de sa joue. Elle n'avait jamais été très courageuse ou téméraire, la vie avait toujours trouvé un moyen pour la ramener là d’où elle venait.



Willy Hopkins ~ Golden Hour
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Lawrence Holmes ~ La taille des arbres
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 08/08/2024 à 19:28:38

Tout s'était enchaîné avec une brutalité saisissante. Le grondement du tonnerre, déchirant la sérénité de la grotte, résonna avec une telle force qu'il fit vibrer les parois. Un fracas sourd suivit, ébranlant la terre sous leurs pieds. Les murs de la caverne semblèrent se plier sous la colère du ciel, les pierres se détachant les unes après les autres, précipitant un éboulement inévitable. Avant même que Sixtine n’ait eu le temps de réagir, de s’approcher de Kenia et de prendre la fuite, une pluie de débris se déversa autour d’elles, et dans un instant de chaos pur, une violente secousse la sépara de la blairelle alors que l’adolescente, projetée au sol, protégeait sa tête à l’aide de ses mains. La terre et la pierre, unies dans leur chute, la séparaient de son amie, tandis que l’obscurité envahissait la grotte.

Puis, soudain, tout se tut. Le grondement du tonnerre s'éloignait, laissant derrière lui un silence pesant, seulement perturbé par le tambourinement incessant de la pluie à l'extérieur. Plus aucun son ne résonnait contre les parois de la grotte, comme si la terre elle-même retenait son souffle. Sixtine toussa, cherchant à chasser la poussière qui l'étouffait, et un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres. Son bras gauche était une source de souffrance vive, la douleur irradiait jusqu’à son épaule, une pulsation sourde qui ne laissait aucun répit.

Si elle avait été seule, la peur et la douleur l'auraient certainement submergée, et les larmes auraient coulé librement. Mais Kenia était là, quelque part dans cette obscurité oppressante. Rassemblant tout son courage, elle appela d'une voix brisée, chaque mot étant une lutte contre la douleur.
Kenia ? Tu vas bien ? Sa voix se perdit dans les ténèbres, répercutée faiblement par les murs de la grotte. Elle maudit intérieurement le Ministère, qui leur interdisait l'usage de la magie en dehors de Poudlard. Une baguette aurait suffi à éclairer la situation, à apaiser la peur. Tant bien que mal, elle se redressa, son bras blessé serré contre elle. Elle n'avait pas besoin de lumière pour comprendre l'étendue de sa blessure, le liquide poisseux et chaud qui coulait entre ses doigts trahissait une plaie ouverte. Serrant les dents, elle fit un pas, cherchant désespérément à percevoir un signe de son amie dans cette obscurité menaçante.

Kenia, je t’en prie, réponds-moi, fais un bruit, n’importe quoi... Sa voix tremblante, se mêlait au silence oppressant de la grotte. La peur grandissait en elle, une angoisse viscérale qui s’accrochait à chaque battement de son cœur. Sixtine répétait en boucle une prière muette : que rien ne soit arrivé à Kenia, que son amie soit en sécurité. Chaque pas était une épreuve, son bras blessé serré contre elle, tandis qu'elle avançait avec précaution, tâtonnant dans l'obscurité. Elle se demandait ce qu’aurait fait sa mère dans une telle situation. Hellia, toujours si imperturbable, si forte face aux crises. C’était étrange de vouloir s’émanciper de cette figure maternelle tout en cherchant à s’inspirer d'elle dans les moments critiques. Mais Hellia incarnait la sécurité, l’assurance que rien de mal ne pouvait arriver. Et à cet instant, elle réalisait que c’était à elle d’incarner cette force pour Kenia, plus jeune.

Prenant une profonde inspiration pour chasser le désespoir, malgré la poussière qui irritait sa gorge, elle murmura des paroles qu’elle espérait réconfortantes. J’ai mon médaillon. Ma mère va venir nous chercher. C’était une promesse autant qu’un encouragement, un fil d’espoir auquel se raccrocher. Sa main libre agrippait le médaillon sur son poignet, son seul lien avec l’extérieur, avec cette mère qu’elle appelait en pensée, implorant sa venue. Il ne lui venait pas à l’esprit que la jeune Blairelle pourrait ne pas comprendre le lien entre le médaillon et Hellia. Pour elle, cet objet était bien plus qu’un simple bijou ; il symbolisait une lueur d’espoir. C’était une certitude, dès que sa mère s’apercevrait qu’elles n’étaient pas rentrées, elle viendrait à leur secours. Cette pensée lui insufflait un semblant de calme au milieu du chaos, une ancre dans cette tempête soudaine qui menaçait de les engloutir. Kenia est-ce que tu m’entends ?

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 09/08/2024 à 11:58:51



Ensevelie sous les roches, Kenia s'était résolu à attendre. Beaucoup diraient que sa mentalité à cet instant présent était défaitiste mais la réalité c'est qu'elle n'avait aucune influence possible sur ce qu'il se passait.

Le bruit calme des vagues qui sechouaient sur la plage avait véritablement disparu, remplacé par un bruit sourd qui couvrait toutes voix. Ou presque. Kenia entendit Sixtine qui l'appelait mais elle redoutait le son qui sechapperait de ses lèvres si elle les entrouvrait, probablement un sanglot pittoresque. Elle préfèra les garder closes, terrifiée à l'idée que sa toute nouvelle amie puisse la penser faible. De toute façon Sixtine était probablement sous la roche quelque part aussi, c'était pas comme si elle aurait vraiment pu la sortir de se petreint.

À part son membre endormi et la position qui lui était de plus en plus désagréable, il ne semblait pas qu'elle eut été marquée d'une quelconque blessure. Quelques égratignures, mais rien de majeur. Ainsi fut elle surprise de sentir ses paupières devenir lourdes. Kenia savait que dans de telles situations il valait mieux lutter pour rester éveillé mais son corps semblait refuser de l'aider à résister. Noir.
~ Abigail ~

Son corps entier lui faisait mal, était-elle enfin parvenue à ses fins ? Quelqu’un au loin l'appelait, c'était pathétique, vraiment. Une voix empli de crainte, une prière silencieuse. À quoi bon répondre ? Elle ne voulait pas être trouvée. Pas maintenant. Pas alors qu'après autant de longues années elle arrivait enfin à se débarrasser de cette petite fille fragile que tout le monde martyrisait.

Les secondes passaient où seul l'orage répondait à la jeune fille qui l'avait appelée. Les secondes étaient longues, trop longues. Abby voulu accélérer le processus et après une grande inspiration tenta de retirer son bras de sous la lourde roche.

Enfin

Les roches s’écroulèrent de plus belle, elle venait de déranger l'équilibre de ces dernières en retirant son bras. Une réussite. L'air ne passait plus, ça sentait la fin.

Enfin

Ses paupières devenaient lourdes : c'était fini.

Enfin
~ Beverly ~

Un mal de tête lancinant, un manque d'air urgent, une voix au loin l'appelait. Beverly n'avait aucune idée de ce qu'il se passait mais rien ne pouvait être pire.
“ Oui ! Il y a quelqu'un ? S'il te plaît qui que vous êtes aidez-moi !”

La voix de la jeune fille était rassurante, elle ne comprenait pas tout, c'était quoi ce collier dont elle lui parlait ? Peut importe cela lui évitait de fermer les yeux et de s'endormir. C'était probablement le manque d'air qui la voyait voir noir. Noir.
~ Abigail ~

Toujours pas ? Pourquoi ressuscite-t- elle toujours ? Cela ne semblait pas juste.
~ Elaia ~

Une larme coula sur sa joue, puis un torrent, les sanglots éclatèrent. Les larmes se mêlaient à la pluie.

Bientôt ses pieds étaient plongés dans l'eau. C'était la marée haute. La grotte n'était visible qu'à marée basse… cette fois ci il n'y avait plus d'échappatoire.



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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 09/08/2024 à 16:54:24

Seul le silence lui répondit, lourd et oppressant. La main de Sixtine se crispait de plus en plus sur son bras blessé, chaque pas la forçant à étouffer des gémissements de douleur qui menaçaient de franchir ses lèvres. L’obscurité autour d’elle semblait infinie, engloutissant toute notion de temps et d’espace, chaque pas lui coûtant un effort immense. Son cœur battait furieusement dans sa poitrine, non seulement à cause de la douleur, mais aussi à cause de la peur grandissante qui s’insinuait en elle.

Soudain, son pied heurta quelque chose, un amas de pierres qui n’aurait jamais dû se trouver là, selon sa mémoire. Le choc la fit vaciller, la douleur irradiant dans son bras lui arracha un cri étouffé.
Kenia ? appela-t-elle, sa voix à peine un murmure dans l’immensité de la grotte. Mais rien. Le silence persistant était une réponse plus effrayante que n’importe quel son.

Que pouvait-elle faire de plus que d’appeler son amie, tendant l’oreille dans un espoir désespéré d’entendre ne serait-ce qu’un soupir, un bruissement, quelque chose pour lui indiquer que Kenia était là, quelque part, encore vivante ? La douleur la consumait peu à peu, mais la peur de perdre son amie, l’empêchait de s’effondrer. Sixtine serra son bras contre elle, sa main libre, tremblante, explorait à l’aveuglette, jusqu’à ce que ses doigts rencontrent la froideur impitoyable de la roche. Le contact glacé la fit tressaillir comme si elle s’était brûlée, et elle retira vivement sa main, le cœur battant la chamade.

Kenia ? Dis quelque chose par Salazar ! Sa voix n’était plus qu’un mélange de supplication et de désespoir. Le silence pesant qui suivit ne fit qu’alourdir son angoisse. Mais soudain, un bruit infime, celui de pierres roulant sur le sol, perça l’immobilité sinistre de la grotte. Elle sursauta, sa plaie se ravivant avec une douleur fulgurante qui lui arracha une plainte involontaire.

Kenia, c’est toi ? demanda-t-elle d’une voix plus faible, hésitante, l’espoir renaissant mais fragile, prêt à se briser à la moindre déception. Elle tendit l’oreille, retenant presque son souffle, espérant que ces bruits annoncent la présence de son amie, que Kenia soit là, quelque part, luttant elle aussi dans cette obscurité oppressante. Mais le silence qui suivit sembla encore plus profond, plus cruel.

L’angoisse se resserrait autour de son cœur comme un étau. Ce qu’elle redoutait le plus était peut-être déjà en train de se produire. La blairelle pourrait être ensevelie sous ce tas de rochers. Cette pensée glaça Sixtine jusqu’à l’os, la réalité de la situation frappant avec une violence implacable. Les mains tremblantes, elle entreprit d’ôter pierre après pierre, chaque geste pesant lourdement sur ses forces déjà affaiblies. Elle s’efforçait de ne pas se précipiter, consciente que la moindre erreur pourrait provoquer un effondrement supplémentaire, un désastre irréparable si Kenia se trouvait réellement piégée en dessous. Chaque pierre enlevée lui coûtait une douleur lancinante dans le bras, mais elle refusa de s’arrêter. L'obscurité, épaisse comme du velours, semblait étouffer tout espoir. Pourtant, elle s’acharnait, ses doigts glissant parfois sur la roche humide, son souffle court trahissant l’effort et la peur.

Alors qu'elle serrait les dents pour contenir la douleur, un frôlement inattendu sur sa main la figea d'effroi. Quelque chose venait de glisser sur sa peau, déclenchant en elle une vague de terreur irrationnelle. Un cri de surprise s'échappa de ses lèvres alors qu'elle secouait violemment la main pour se débarrasser de l'intrus. Sa phobie des araignées prit immédiatement le dessus, son corps tout entier se couvrit de frissons. Elle se mit à trembler, sa respiration s'accélérait dangereusement tandis qu'elle fermait les yeux, essayant désespérément de chasser les images qui envahissaient son esprit.

Ce n'est pas une araignée... Ce n'est pas une araignée, murmurait-elle en boucle, comme une litanie, une tentative vaine de se convaincre que son imagination lui jouait des tours. Mais l’épuisement, la peur omniprésente et la douleur sourde de son bras rendaient cette bataille intérieure d’autant plus difficile. L'inquiétude de n'entendre aucun signe de vie de Kenia ajoutait une couche supplémentaire à son angoisse, l’impuissance devenant une ombre étouffante qui se refermait sur elle.

Finalement, à bout de forces, Sixtine se laissa glisser lentement contre le sol froid et rugueux. Elle se recroquevilla sur elle-même, ramenant ses jambes contre sa poitrine et posant sa tête sur ses genoux. Les larmes qu'elle avait si bien réussi à contenir menaçaient désormais de la submerger. Dans cet instant de désespoir, elle cessa d’imaginer ce que sa mère ferait à sa place. Elle n’était pas Hellia.

Au lieu de cela, elle songea à Keith. Que ferait-il, le préfet au calme légendaire, s'il se trouvait ici avec elle ? Il ne paniquerait pas, c'était certain. Il la prendrait doucement dans ses bras, caressant ses cheveux avec tendresse, et lui murmurerait à l'oreille que tout allait bien se passer. Que ce n'était pas une araignée, que rien ici ne pouvait lui faire du mal, et que la priorité était de secourir Kenia. Cette pensée, bien que lointaine, parvint à l’apaiser légèrement, comme un baume sur une plaie ouverte. Mais la peur restait, sourde et tenace, accrochée à elle comme une ombre impossible à chasser.

Une petite voix étouffée perça l'épais voile de son désespoir, la ramenant brusquement à la réalité. Elle releva la tête, ses yeux écarquillés cherchant l'origine du son.
Kenia ? Sa voix tremblait autant de peur que d'espoir. Elle se redressa précipitamment, mais dans son empressement, son pied glissa sur les pierres mouillées, la faisant vaciller dangereusement. C’est alors qu’elle prit pleinement conscience de la situation : l'eau s'infiltrait dans la grotte, montant lentement mais sûrement. Il n'y avait plus de temps à perdre. Ignorant la douleur qui irradiait dans son bras blessé, elle mobilisa toute sa force dans l’autre, agrippant des morceaux de roche, les déplaçant une à une dans un effort désespéré pour dégager un passage. Ses doigts, déjà écorchés par les pierres tranchantes, se mouvaient avec une précision frénétique, animés par la seule pensée d’atteindre Kenia.

Soudain, un fracas assourdissant retentit du côté de l’entrée désormais obstruée de la grotte, résonnant avec une intensité presque palpable. Son cœur rata un battement alors qu’un éclair traversait la caverne, illuminant brièvement les parois menaçantes qui semblaient se resserrer autour d’elle. La terreur l’envahit, la peur que les pierres ne se mettent à tomber à nouveau, ensevelissant tout sous une avalanche implacable. Dans un geste instinctif, elle recula, son dos rencontrant la paroi glacée contre laquelle elle s’était réfugiée un instant plus tôt.

Elle se sentait perdue, submergée par l'angoisse, ne sachant plus à quel espoir se raccrocher. Mais soudain, un sifflement familier perça l’air, distinct malgré le chaos environnant. Ce son, elle l’aurait reconnu entre mille. Un espoir ténu mais réel se raviva en elle, une flamme vacillante mais bien présente.
Kenia, tiens bon ! Maman est là ! Sa voix, tremblante mais portée par une force nouvelle, résonna dans la grotte. Orphée, le fidèle mamba noir, continuait de siffler, son son perçant les ténèbres oppressantes. Bien qu'elle ne comprenait pas le langage des serpents, elle savait qu’Orphée s’adressait à Hellia. Ce sifflement, pour elle, représentait l’assurance que sa mère n’était pas loin.

Les forces de Sixtine la quittaient peu à peu, chaque souffle devenant plus difficile à prendre. Le bas de son corps, immergé dans l’eau glaciale qui ne cessait de monter, engourdissait ses jambes, rendant chaque mouvement plus pénible. Pourtant, ce qui la submergeait vraiment, c'était le soulagement intense, presque dévastateur, d’avoir la certitude que Hellia les sauverait. Ce sentiment de sécurité, fragile mais puissant, effaça en un instant toutes les terreurs accumulées. Se laissant glisser une nouvelle fois contre la paroi humide, le corps fatigué et tremblant, l’adolescente succomba à la douleur et à l’épuisement. Ses yeux se fermèrent doucement, et elle perdit connaissance.


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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 10/08/2024 à 16:28:05



La tête contre le sol froid, les yeux fermés sous la douleur, l'eau commençait à s'infiltrer doucement entre les pierres qui la maintenaient plaquer au sol. L'eau était froide mais Kenia n'avait même pas la place de frissonner. Au contraire, le stress accumulé lui donnait chaud, terriblement chaud. Bientôt l'eau lui recouvrait la bouche et tout à coup le temps ralenti drastiquement.

Sixtine l'appelait encore au loin mais cette fois-ci elle ne pouvait plus parler pour lui repondre malgré toute sa bonne volonté sous peine de se noyer. Néanmoins il restait peut être encore un petit espoir. Les pieds de son amie qui naviguaient dans l'eau, s'approchèrent d'elle et bientôt les pierres au-dessus de sa têtes se firent enlever. Une à une, lentement et sûrement, pour les avoir sur elle depuis de longues minutes, Kenia savaient qu'elles étaient lourdes mais enfin on voyait le bour

La troisième année n'avait aucune idée de savoir comment Sixtine avait su qu'elle était sous cet amas de pierre mais peu importait réellement à partir du moment où elle l'a sortait de là. Le poids sur ses jambes devenait plus léger et si elle le voulait elle aurait probablement pu finir le travail mais un cri de détresse la glaça jusqu'au os. C'était Sixtine.

De nouveau le stress et l'angoisse montait, que lui était il arrivé ? Ce qui était sûr était que quelque chose s'était passé, elle n'était plus en train d'enlever les pierres qui étaient au-dessus de sa tête.

Avec un dernier effort la blairelle retira sa jambe qui était bloquée contre sa poitrine pour pousser les dernières roches qui la bloquer. Elle réussit ensuite à pivoter sur le dos pour libérer son bras. De toute évidence elle ne le sentait plus mais au moins le sang circulait. Avec l'autre elle réussit à se dégager le visage de façon à ce que sa bouche retrouve l'air qui lui manquait. “Sixtine t'es où ?”

Un grondement plus terrible que l'orage lui répondit : un nouvel éboulement. Il faisait noir, très noir.

~ Abigail ~

C'était donc ça la vie après la mort ? Le noir complet. Il semblait que sa vie d'après la mort commençait là où sa vie avait pris fin : en dessous des rochers. Au-dessus d'elle encore quelques pierres dont elle réussit à se dégager sans trop de peine. Les faisant rouler dans une pataugeoire.

Un sifflement au loin la surpris, les animaux se retrouvaient au même endroit que les sorciers dans l'après vie ? Surprenant.

Une voix, la même que celle qui l'avait appelé juste avant sa mort l'appela de nouveau lui indiquant que sa mère allait arriver. Attendez on est d'accord qu'elle avait réussi ? Elle avait réussi à tuer le corps dans lequel elle vivait ? La peur la saisit tout a coup, la peur d'un nouvel échec, une peur qui lui fit tourner la tête jusqu'à ce que…

~ Joyce ~

Il lui fallut un instant d'adaptation à l'obscurité dans laquelle elle se trouvait, que s'était il passé ? Ses derniers souvenirs remontaient à la chambre de Sixtine, là où les deux jeunes filles avaient parlé jusqu'à pas d'heure. C'était évident qu'elles ne s'y trouvaient plus, malgré l'obscurité du lieu, la température, l'eau à ses pieds les roches autour d'elle était assez pour lui indiquer que cela n'avait rien d'une chambre.

Avançant à tâton elle tomba sur une parois contre laquelle elle se laissa tomber pour éviter de tomber. Le noir qui l'entourait la destabilisait, sa tête lui faisait mal.

En tendant l'oreille il lui sembla entendre quelqu'un respirer, en tendant la main, elle se rendit en effet compte qu'il y avait quelqu'un. Cette personne ne semblait pas réagir à son touché et à mesure que le temps passait et que ses yeux s'adaptaient à l'obscurité, elle comprit qu'il s'agissait de Sixtine.

“SIXTINE !!!” Elle bondit d'un coup, se penchant au-dessus de son amie “sixtine sixtine sixtine” la secouant dans tous les sens, la peur commençait à croître en elle. Que s'était il passé ? Qu'avait elle manqué. “s'il te plaît Sixtine me laisse pas là je sais pas ce qu'il se passe. QUELQU'UN M'ENTEND ?”


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Poudlard
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Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 10/08/2024 à 23:31:17

Le médaillon dans sa main brillait faiblement, mais sa lueur constante guidait Hellia comme une boussole infaillible, l’attirant irrésistiblement sur les traces de Sixtine. Chaque pas qu’elle faisait semblait résonner d’une urgence silencieuse, le froid mordant de la nuit s’insinuant sous sa cape tandis qu’elle avançait d’un pas décidé. Lorsqu'elle quitta le manoir, elle perçut un léger grincement derrière elle, le son familier de la porte qui s’ouvrait.

L'espace d'un instant, elle crut qu'il s'agissait d'Adnan, sans doute désireux de reprendre leur précédente conversation. Pourtant, en se retournant, son regard croisa celui d’Aerin, l'elfe de la famille, qui trottinait maladroitement dans sa direction, ses yeux vifs reflétant une détermination inhabituelle. Elle s'arrêta un instant, avant de se détourner à nouveau, laissant la créature la rejoindre dans ce qui s’annonçait comme une course contre la montre.


Aux côtés de l’elfe de maison, Hellia avançait péniblement sur le sable mouillé, chaque pas semblait plus lourd que le précédent, comme si l’angoisse elle-même pesait sur ses épaules. L’idée que les filles puissent être en danger se frayait un chemin dans son esprit, prenant peu à peu toute la place. Si elles allaient bien, elles seraient déjà rentrées au manoir, à l’abri de l’orage. Le médaillon la guidait inexorablement vers la roche, et plus elles se rapprochaient, plus cette angoisse se transformait en un sentiment d’urgence impérieux.

Soudain, le doigt de Aerin pointa un amas de pierres qui obstruait l’entrée d’une grotte. Le cœur de la fourchelang s’emballa, tambourinant contre sa poitrine à un rythme effréné. Sans perdre une seconde, elle invoqua Orphée, la voix tremblante d’inquiétude, lui demandant de trouver un passage, de s’assurer que les enfants étaient bien là. Pendant ce temps, elle s’attela, avec l’aide précieuse de l’elfe, à dégager les roches qui s’étaient effondrées. Malgré le vent hurlant autour d’eux, un étrange silence régnait, interrompu seulement par le bruit des pierres déplacées et le souffle court de Hellia, tendue à l’extrême.

Le mamba noir se glissa agilement entre les rochers, se fondant dans l’obscurité comme une ombre vivante. Pour elle, la pénombre n’était qu’un voile familier, et elle avançait sans hésitation, ses écailles frôlant la roche humide. L’odeur de la peur flottait dans l’air, lourde et tenace, se mêlant à celle de l’humidité et de la poussière qui emplissait la grotte. Plus elle s’enfonçait dans les ténèbres, plus cette peur devenait palpable, presque matérielle. Et puis, une autre odeur lui parvint, plus distincte, plus inquiétante : celle de l’enfant. Orphée poursuivit son chemin, glissant silencieusement sur le sol inégal, jusqu’à ce que l’eau froide commence à lécher ses écailles. En sentant cette eau et l’écho d’une angoisse grandissante, le serpent siffla un message pressant, un appel qui résonna dans l’esprit de Hellia comme une injonction urgente.
Elles sont là. Fais vite. Le temps était compté. L’air portait des effluves métalliques, lourds de menace. L’odeur du sang flottait dans la grotte.

À l’extérieur, Hellia sentit les paroles d'Orphée résonner en elle, comme une vibration qui s'amplifiait dans son esprit. En une fraction de seconde, toute la peur et l'angoisse qui l'avaient envahie se transformèrent en une énergie brute, incontrôlable, presque sauvage. Depuis des années, elle s'était entraînée à maîtriser cette magie ancienne qui coulait dans ses veines, mais en cet instant, ce pouvoir semblait échapper à toute logique, réagissant à l’urgence de la situation.

Sans réfléchir davantage, elle leva sa baguette vers le tas de rochers. Une étincelle aveuglante en jaillit, suivie d’un éclair qui fracassa les pierres comme si elles n’étaient que du verre. Le fracas résonna dans l’air, la puissance de l’explosion renvoyant Aerin en arrière, ses grands yeux écarquillés de stupeur. La poussière se dispersa rapidement, éclairée par la lueur vacillante de sa baguette, dévoilant peu à peu ce que les ténèbres de la grotte avaient jusque-là dissimulé.

La St.James n'eut besoin que d’un instant pour discerner les silhouettes des deux enfants. Sa respiration se bloqua dans sa poitrine en apercevant Sixtine, immobile, inconsciente sur le sol humide. À ses côtés, Kenia s'efforçait de la secouer, ses petites mains tremblantes cherchant désespérément à réveiller son amie. Le cœur de Hellia manqua un battement, et en quelques pas rapides, elle fut à leurs côtés. Elle tomba à genoux près de sa fille, la peur la transperçant, plus froide que l’eau qui montait doucement autour d’eux. Son regard se posa un instant sur Kenia, qui levait vers elle des yeux pleins d’espoir et de terreur mêlés. Elle passa une main tremblante sur le visage de Sixtine, chassant les mèches collées par l’humidité, son cœur battant à tout rompre.

Cependant, Hellia savait qu'elle ne pouvait se permettre de céder à la panique. La peur, elle la laisserait s'exprimer plus tard, quand les filles seraient en sécurité. Pour l'instant, l'urgence était de les sortir de cette grotte.
Aerin, transplane avec Sixtine. Je m’occupe de Kenia. Sa voix était ferme, résolue, et l’elfe obéit sans hésitation, disparaissant dans un craquement sourd en emportant sa fille loin de ce lieu sinistre.

Hellia reporta alors toute son attention sur Kenia, qui tremblait encore, les yeux grands ouverts de frayeur.
Ne t’en fais pas, ça va aller, murmura-t-elle, une tendresse maternelle imprégnant ses paroles. D’un geste précis, elle retira sa cape, encore empreinte de la chaleur de son corps, et enveloppa la jeune fille avec. Le contact du tissu sembla apaiser un peu les tremblements de Kenia.

Sans perdre un instant, Hellia la souleva dans ses bras. Malgré son épuisement, une force nouvelle l’animait, une détermination farouche à les ramener toutes les deux en sécurité. Orphée, fidèle et silencieuse, les suivait de près, serpentant sur les talons de sa maîtresse. À l'extérieur, l'air frais et humide frappait son visage, mais elle ne ralentit pas, déterminée à ramener Kenia à l'abri. Le manoir n’était plus qu’à quelques pas, et avec lui, la promesse de sécurité.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 11/08/2024 à 00:45:01




Joyce n'était pas le genre de personne à abandonner, surtout quand une vie était en jeu. Face à l'inertie de Sixtine, elle redoubla d'efforts pour la ramener à elle, appelant son nom avec une urgence qu'elle peinait à dissimuler. Elle n'était pas experte en premiers soins, elle n'avait jamais jugé utile de passer son PSS, pensant que ce genre de compétence serait superflu dans sa vie. Après tout, il y avait toujours quelqu'un de plus qualifié pour gérer ce genre de situation. Mais à cet instant précis, elle regrettait amèrement son choix.


Les mains tremblantes, Joyce tenta maladroitement de prendre la température de Sixtine en posant la paume sur son front, avant de chercher son pouls à son poignet. Cependant, la réalité était implacable : elle n'avait aucune idée de ce que ces gestes devaient lui révéler. La sensation de la peau froide sous ses doigts ne lui disait rien de précis, et l'absence de rythme clair dans le poignet de Sixtine ne faisait qu'accroître sa panique. La confusion l'envahissait, mêlée à une culpabilité naissante.


Le temps semblait s'étirer, chaque seconde un rappel cruel de son impuissance. Pourtant, elle savait qu'elle devait continuer, qu'elle devait faire tout ce qui était en son pouvoir, aussi insuffisant soit-il. Son esprit bouillonnait de questions, de doutes, mais au fond d'elle-même, une voix faible mais persistante lui murmurait de ne pas abandonner, de tenir bon. D'une certaine façon, ça l'obligeait à rester focalisé sur une chose et ne pas laisser la panique l'envahir. Comme lorsqu'elle jouait un morceau, elle fit de son mieux pour rester concentrée sur une seule tâche.


Ses efforts, purent enfin se relâcher alors qu'un nouveau spectacle s'offrait à elle. D'abord, Joyce crut à un nouvel éboulement, le dernier coup fatal qui aurait scellé leur destin. Elle n'avait plus beaucoup de forces pour lutter, et tout son corps, épuisé, semblait sur le point de céder. Une partie du système, étrangement résignée, aurait accueillit presque avec soulagement l'idée de s'en remettre à une force plus grande, comme si l'univers lui-même abandonnait le combat. Mais c'était une bonne chose que Joyce soit celle encore aux commandes, car ce qui s'apparentait à un éboulement était en réalité Hellia, apparue soudainement pour les sauver.


La situation bascula en un instant, le chaos cédant la place à une vague d'action coordonnée et déterminée. Hellia n'avait pas hésité une seconde. D'un geste précis, elle fit appel à leur elfe de maison, qui transplana immédiatement avec Sixtine, la mettant ainsi hors de danger. Tout se passait si vite que Joyce avait du mal à saisir chaque détail. Avant qu'elle ne puisse réagir, Hellia s'était déjà tournée vers Kenia, lui passant sa cape pour la réchauffer. Sans perdre de temps, elle la souleva dans ses bras avec une force insoupçonnée et, dans un mouvement rapide, l'emmena jusqu'au manoir.


La cape de Hellia enveloppait Kenia, lui offrant une chaleur réconfortante, mais malgré cela, son corps continuait de trembler violemment, comme une feuille secouée par le vent. Le frisson incessant semblait venir de plus profond que le froid extérieur, comme un écho de la terreur qu'elle venait de vivre, une peur qui s'accrochait à elle et refusait de la lâcher, même maintenant que son corps regagnait progressivement une température normale.


Tout au long du trajet vers le manoir, Kenia resta muette, incapable de prononcer le moindre mot. Ses dents claquaient si fort qu'elles semblaient résonner dans tout son être, rendant impossible la formulation de phrases cohérentes. La réalité de ce qui venait de se passer l'étreignait encore, une sensation de vertige et d'incrédulité la submergeant. Chaque fois qu'elle fermait les yeux, des éclats d'images du chaos qu'elles venaient de traverser refaisaient surface : la poussière, les cris, le poids écrasant des rochers et de l'impuissance. 


Une seule pensée émergeait de ce tourbillon intérieur, claire et pressante : elle voulait voir son frère. Ce besoin brûlant transcendait tout le reste, repoussant la confusion et la peur en arrière-plan. Il était son ancre, le seul capable de la ramener à la réalité, de la sortir de cet état de choc dans lequel elle était plongée. Ses lèvres tentèrent de former son nom, mais le son mourut dans sa gorge, étouffé par les tremblements incontrôlables. Elle savait qu'une fois auprès de lui, elle pourrait enfin respirer à nouveau, retrouver un semblant de sécurité. Mais pour l'instant, elle n'était qu'une ombre de ce qu'elle était, une silhouette fragile que Hellia portait avec soin. Elle avait confiance en Hellia pour l'aider mais elle ne l'a connaissait pas encore tant que ça et n'était peut être pas encore très à l'aise avec l'idée.



Willy Hopkins ~ Golden Hour
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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 01:45:38

Le lendemain


L'obscurité était totale, et le froid mordait sa peau tandis que la poussière l’étouffait, se logeant dans sa gorge comme une poignée de cendres. L'eau glacée montait lentement, engloutissant peu à peu son corps, amplifiant cette terreur sourde qui résonnait dans son esprit. Elle était submergée par une peur viscérale, celle de ne plus jamais revoir la lumière du jour, de ne plus sentir la chaleur du soleil sur son visage.

Son cœur se serra à l’idée de ne plus jamais entendre la voix de Keith, avec son doux accent russe qui avait toujours su l'apaiser. Elle redoutait de ne plus jamais revoir le sourire de sa mère, ni de partager ces moments où la musique emplissait la maison de vie. La pensée de ne plus jouer une seule note, de ne plus sentir le pinceau glisser sur une toile, fit naître en elle une angoisse profonde, un sentiment de perte irrémédiable. Elle lutta contre la panique, mais la peur persistait, oppressante, comme un poids insupportable sur sa poitrine.

Soudain, elle ouvrit les yeux. Une lumière vive inonda ses pupilles, lui infligeant une douleur si intense qu'un léger gémissement s'échappa de ses lèvres. Instinctivement, elle enfonça sa tête dans l'oreiller, cherchant à échapper à cette luminosité qui l’agressait. Quand elle osa enfin rouvrir les yeux, la pièce autour d’elle se précisa, et elle aperçut un visage penché si près du sien qu’elle sursauta.

C’était Greyne, l'elfe de maison, dont les grandes oreilles s’affaissèrent immédiatement, trahissant sa crainte d’avoir commis une maladresse.
Greyne ne voulait pas vous effrayer, jeune maîtresse. Greyne est désolée. Greyne va chercher votre mère. Sa voix tremblait légèrement d’excuses, et avant que Sixtine ne puisse prononcer le moindre mot, l’elfe avait déjà disparu, ne laissant derrière elle qu’un air vacillant et une chambre baignée de silence.

Les yeux encore brouillés par le sommeil, Sixtine parcourut la pièce du regard, réalisant qu'elle se trouvait dans la nurserie. Que faisait-elle là ? Avait-elle simplement rêvé ? Un cauchemar peut-être ? Tentant de se redresser, elle fut immédiatement assaillie par un vertige si violent qu’il lui coupa le souffle. Respirant difficilement, elle chercha un point de repère et son regard se posa sur Kenia, profondément endormie sur le lit voisin. Avec une lenteur précautionneuse, Sixtine leva le bras et aperçut un bandage soigneusement enroulé autour. Elle n’avait donc pas rêvé. Tout était bel et bien réel. Faiblement, presque en chuchotant, elle appela :
Kenia ? Est-ce que tu dors ?

Elle ressentait une urgence presque instinctive de se lever, de comprendre ce qu’il s’était réellement passé, mais son corps épuisé refusait de suivre cette impulsion. Chaque muscle semblait engourdi, comme paralysé par le souvenir encore vif de la peur. Résignée, elle laissa sa tête retomber lourdement contre l’oreiller, son souffle s’apaisant peu à peu.

Ses yeux se fixèrent sur le plafond au-dessus d'elle, découvrant pour la première fois les fines moulures qui y couraient en arabesques délicates. Des détails qu’elle n’avait jamais pris la peine de remarquer auparavant. C’était étrange, comme si ce simple fait de les observer la reconnectait doucement à la réalité, lui rappelant qu’elle était bien là, en vie.

L’idée qu’elle avait frôlé la mort lui traversa l’esprit, glaciale et implacable. Et pourtant, au milieu de cette prise de conscience terrifiante, un étrange sentiment de gratitude l’envahit. Elle était en vie. Contre toute attente, elle était encore là, capable de respirer, de sentir, de penser. Une chaleur douce, presque réconfortante, se diffusa dans son corps, apaisant les dernières traces de sa peur. Oui, elle était en vie, et c’était tout ce qui comptait en cet instant.
Kenia ? Tu vas bien ?

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 14:09:25


~ Abigail ~

Étrangement c'était celle qui aurait le moins voulu être là qui fut la première à se réveiller du système. Probablement la voix chuchotante de Sixtine qui avait fini par la réveiller. Toujours la même tonalité, celle qui lui rappelait qu'elle était encore en vie. Le monde autour d'elle était encore flou, les brumes d'un long sommeil se dissipent lentement.

Ses yeux, jusque-là mi-clos, engourdis par un sort d'involonté profonde, s'ouvrirent brusquement. Oui, c'était encore cette voix, la même voix qui, inlassablement, la ramenait à la surface. La question de Sixtine avait toujours cette douce insistance qui la caractérisait. La réponse qu’Abby sentit monter en elle était frustrante, presque agaçante, tant elle semblait contredire son état d'esprit. Malgré tout ce qu'elle aurait pu désirer, malgré le poids accablant de l'existence qui pesait sur ses épaules, elle allait bien. Quelle ironie cruelle. Quelle farce était-ce donc de continuer à aller bien, alors que tout en elle aspirait à l'indifférence, voire à l'effacement ?

"Malheureusement...", répondit-elle, le mot glissant hors de ses lèvres avant même qu'elle n'y réfléchisse vraiment. Abby n'était pas le genre de personne à mesurer ses paroles ou à s'inquiéter de l'effet qu'elles pourraient avoir sur les autres. Le monde autour d'elle, y compris Sixtine, n'était qu'une toile de fond floue et distante, une mosaïque de sons et d'images qui peinait à retenir son attention. De toute façon, elle était convaincue que c'était provisoire.

La réaction de Sixtine à cette réponse désinvolte n'allait pas déroger à la règle. Elle ne s’attendait pas à une quelconque réponse empreinte de chaleur ou de réconfort.

Lorsque ses yeux ne demandèrent qu'à se refermer elle ne lutta pas et les referma.

~ Elaia ~

Elaia ouvrit les yeux, un battement de cils plus tard, elle était allongée dans un lit inconnu. Le matelas était plutôt confortable, il fallait l'admettre, mais ce n'était pas celui de sa chambre, ni celui du dortoir où elle avait l'habitude de dormir. Un soupir d'exaspération monta en elle alors qu'elle observait la pièce autour de son lit, son regard balayant les ombres qui dansaient sur les murs. Où avait-elle encore atterri cette fois-ci ?

Ce schéma répétitif, cette suite incessante de lieux étranges et de réveils désorientés, commençait sérieusement à la lasser. À chaque fois qu’elle ouvrait les yeux, il lui fallait un moment pour se souvenir, pour se raccrocher à la réalité - ou du moins à ce qu’elle pensait être la réalité. Elle en avait assez de cette routine absurde, de ces moments où elle se sentait comme une étrangère, non seulement dans ces lieux, mais aussi dans sa propre peau. Pourquoi ne pouvait-elle pas, juste pour une fois, être normale ?

Elle ferma les yeux un instant, essayant de calmer la frustration qui montait en elle. Une petite prière silencieuse s'échappa de ses lèvres, un souhait pour une vie où elle pourrait enfin se poser, se fondre dans la masse, être comme les autres. Juste une fois, elle aurait aimé ne pas être celle qui se réveille dans des endroits inconnus, mais celle qui s’intègre, qui se fait des amis sans effort. Pas besoin d’un grand cercle social, juste une amie, une seule personne à qui se confier, à qui s’accrocher. Ce serait déjà un miracle.

Mais la réalité semblait toujours lui échapper. À chaque fois qu'elle croyait se rapprocher de cette normalité, quelque chose la tirait en arrière, l'entraînait dans des situations toujours plus complexes pour son cerveau.

Elle sentait que ses membres étaient un peu engourdi mais aucune douleur à signaler. Sur son bras, un truc gluant et froid reposait et semblait s'imbiber à sa peau petit à petit. Cela lui laissa penser qu'on lui avait appliqué de la pommade, contre quoi, c’était une bonne question par contre. Dans quel pétrin est ce qu'elle s'était encore mise ?

Tournant la tête légèrement pour observer les lieux, elle se rendit compte qu'un visage l'observait. Un visage doux, marqué par une réelle concertation, venait elle de lui poser une question, elle n'était pas sûre. L'expérience lui avait appris que quand on était pas sûr valait mieux sortie un
"euhhh" au moins si une question avait été posé c'était un peu comme si elle y avait répondu et si il n'y avait pas de question c'était plus comme si elle réfléchissait à quelque chose qu'elle aurait voulu dire.

Bien qu'Elaia commençait à acquérir quelques codes d'inclusion malgré ses difficultés, il lui arrivait de poser des questions sans savoir qu'elle avait déjà la réponse et pour le coup elle ne savait toujours pas les éviter
"Excuse moi, je vais peut être te sembler familière dans mes propos mais j'ai la forte impression de déjà te connaître ?" Le visage de Sixtine, son regard, tout en elle lui disait qu'elles se connaissaient. Elles avaient déjà dû se croiser dans les couloirs mais au-delà de ça il se pourrait que certaines informations se soient égarées dans le système. C'était peu fréquent mais parfois c'était pas plus mal.

Son regard tomba sur le bras de la sois disant connaissance, Elaia venait de remarquer le bandage autour de ce dernier. Dans un souci d'inquiétude et de courtoisie elle se permit de le relever
"Oh ton bras, il... il va bien ?" Au fond peut être qu'elle se ferait éclairer sur la situation sans passer pour une dégénérée.

Elaia était empli de bonne manières, c'était probablement elle qui se prenait toutes les remontrances autrefois dans sa famille adoptive mais au vu de la situation elle n'osait s'aventurer plus loin dans les questions ou action. Après tout les deux jeunes filles gisaient dans des lits similaires, similaires à ce qu'on trouverait dans un hôpital ce qui lui fit un instant penser qu'elle n'était peut être pas beaucoup plus avancé que la jeune fille. Si c'était vraiment le cas, c'était inutile de lui proposer son aide comme elle avait pensé à le faire en premier lieu.


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 16:12:41

Sixtine, encore faible, se redressa péniblement sur un coude, son regard se posant avec inquiétude sur Kenia. Les mots de la Poufsouffle, porteurs d’une résignation glaciale, résonnaient encore dans son esprit. Comment ça, malheureusement ? demanda-t-elle, sa voix trahissant une inquiétude croissante.

Le ton éteint de Kenia, presque résigné, l’avait profondément troublée. Comment pouvait-elle dire une telle chose, après tout ce qu’elles avaient traversé ? Cette simple question, pourtant banale, semblait lourde de sens, comme si elle ouvrait la porte à une souffrance plus grande encore, un fardeau qu’elle ne pouvait encore comprendre mais qu’elle sentait peser sur son amie.

Inquiète et un peu irritée, Sixtine se redressa entièrement, scrutant le visage immobile de Kenia, qui avait fermé les yeux comme pour se soustraire au monde. L'espace d'un instant, Sixtine se demanda si elle n'avait pas rêvé ces paroles glaçantes, si la fatigue et la douleur n'avaient pas joué un tour cruel à son esprit. Ses sourcils se froncèrent sous le poids du doute, mais son instinct la poussait à vérifier. Avec précaution, elle tendit son bras valide vers la troisième année, posant doucement sa main sur l'épaule frêle de Kenia. La chaleur de ce contact semblait vouloir chasser l'obscurité qui pesait sur elles.
Pourquoi tu dis ça, Kenia ?

Sixtine sentait monter en elle un tourbillon d’émotions contradictoires. Elle avait envie de secouer Kenia, de lui crier qu'elles étaient en vie, que c'était tout ce qui comptait. Elles avaient échappé à la mort, et il fallait chérir cela. Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que quelque chose de plus profond se jouait derrière ce silence.

Soudain, Kenia ouvrit les yeux, et leur regard se croisèrent. Ce fut un échange troublant, comme si un abîme s’étendait entre elles. Le regard de la blairelle semblait perplexe, presque égaré, comme si elle luttait pour se rappeler où elle se trouvait, ou même qui elle était. La sixième année sentit une inquiétude grandissante se nouer dans sa poitrine. Peut-être était-ce une conséquence de leur mésaventure, une séquelle laissée par leur terrible épreuve.

La question que Kenia lui posa alors la laissa interdite, son cœur se serrant d’angoisse. Pourtant, elle tâcha de garder une voix calme, rassurante, bien que son esprit s’agitait de sombres pensées.
Kenia, c'est moi, Sixtine. Tu es à la maison, le temps que ton frère soit en déplacement. Tu te souviens ? Nous sommes allées nous promener sur la plage, explorer ces grottes… Elle marqua une pause, cherchant désespérément une lueur de reconnaissance dans les yeux de son amie. Peut-être que Kenia avait reçu un choc à la tête, ce qui pourrait expliquer son trouble. L’idée lui glaça le sang, mais elle refusa de céder à la panique. Pour l'instant, tout ce qui comptait, c'était de ramener Kenia à elle, de l'aider à retrouver ses repères dans un monde qui semblait soudainement lui échapper.

Se levant avec précaution, elle traversa l'espace qui les séparait, chaque mouvement lui rappelant la douleur persistante dans son bras. Elle s’assit doucement sur le bord du lit de son amie, veillant à ne pas trop solliciter ses muscles encore endoloris. Je ne sais pas, ça fait un peu mal, murmura-t-elle, répondant à la question de Kenia. Je viens à peine de me réveiller moi aussi. Elle laissa échapper un soupir, sentant la réalité de leur situation s’enrouler autour d’elles comme un brouillard épais. Mais je crois que nous avons eu beaucoup de chance, tu sais. Sa voix était douce, presque apaisante, comme si elle cherchait à rassurer autant Kenia qu’elle-même. Elles étaient là, vivantes, contre toute attente.

Des images de l’éboulement dans la grotte affluèrent par vagues, envahissant son esprit. Elle revivait cette peur glaciale, ce noir oppressant qui les avait englouties toutes les deux, laissant l’écho de leur solitude résonner dans ses pensées. Elle se souvenait de l’étreinte du froid, de l’humidité, et de cette sensation de fin imminente. Alors qu’elle s’apprêtait à interroger Kenia, cherchant à savoir ce dont elle se souvenait, un autre son interrompit ses pensées. Le bruit distinct des talons de sa mère résonna dans le couloir, se rapprochant à chaque pas. Ce son, familier et rassurant, lui rappela qu’elles étaient en sécurité à présent, loin du danger. Pourtant, le souvenir du noir, si près de les emporter, restait gravé en elle, comme une ombre qui refusait de se dissiper.

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Poufsouffle
3e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 12/08/2024 à 18:53:12


Elaia se sentait complètement perdue, mais ce qui l'inquiétait encore plus, c'était que Sixtine semblait l'être tout autant. Pourtant, perdue à cause de quoi ? Qu'avait-elle bien pu dire cette fois-ci pour provoquer une telle réaction ? Elaia, d'ordinaire si maîtrisée, dissimulait toujours soigneusement ses émotions. C'était une habitude, une sorte de mécanisme de défense. Quand elle se sentait énervée ou frustrée, elle refoulait tout, cachant ses tourments derrière un masque d'indifférence, et elle s'efforçait de paraître la plus normale possible. Mais aujourd'hui, quelque chose avait craqué. La pression qu'elle portait en elle depuis si longtemps avait fini par devenir insupportable, une charge mentale qu'elle ne pouvait plus ignorer ni dissimuler. C'était comme si tous ses efforts pour rester calme et maîtrisée s'étaient écroulés d'un coup, la laissant vulnérable et désemparée face à une situation qu'elle ne contrôlait plus.

La vérité, c’est qu’au fond d’elle, elle ressentait un besoin de se confier, de trouver quelqu'un qui pourrait enfin la comprendre. Ce besoin la rongeait depuis longtemps, mais elle l’avait toujours refoulé, incapable de déterminer à qui elle pouvait réellement accorder sa confiance. Surtout étant donné qu’elle semblait se souvenir de personne à chaque fois, plutôt handicapant pour se confier à quiconque. Dans le système, quelques autres avaient déjà franchi le pas en se tournant vers Noah, mais elles n’étaient que deux à avoir osé le faire. Et même alors, rien n’avait vraiment changé. Leurs confidences avaient laissé les choses telles qu’elles étaient, comme si le poids de leurs secrets n'avait pas été suffisamment lourd pour ébranler les fondations de leur réalité.

Elaia, de son côté, n’avait jamais réussi à trouver quelqu’un en qui elle puisse avoir une foi absolue. Ce n'était pas qu'elle manquait de personnes autour d'elle, mais plutôt qu'elle avait toujours ressenti une barrière, une distance entre elle et les autres, qui l'empêchait de se livrer pleinement. Pourtant, en observant Sixtine à cet instant précis, quelque chose en elle vacilla. Peut-être était-ce le regard un peu perdu de la jeune fille, ou bien la fragilité qu'elle devinait sous sa façade d’assurance, mais Elaia se surprit à penser que Sixtine pourrait être cette personne. Peut-être, après tout, était-elle la bonne personne à qui se confier.

Jusqu'à présent, elle n'avait répondu à aucune des questions de sa camarade. Non pas par indifférence, mais parce qu'elle ne savait pas vraiment où se positionner. Pourtant, malgré son silence, les questions de Sixtine continuaient de se faire entendre, insistantes, presque inquiètes. Ces questions témoignaient d'une réelle préoccupation qui réchauffait d’une certaine façon le cœur de la petite blairelle. N'était-ce pas la preuve qu'elle se souciait vraiment de ce qui se passait en elle ?

Il sembla que Sixtine, déterminée à faire renaître ses souvenirs enfouis, s'efforçait de lui rappeler les événements de la veille. Toutefois, il était clair que ces souvenirs ne se trouvaient nulle part dans la banque de données d’Elaia. Tout ce qu’elle ressentait, c’était un vide, une absence totale de réminiscence. Pourtant, elle se força à jouer le jeu, à prétendre que tout lui revenait en mémoire, comme un acteur sur scène qui répète un texte sans réellement en comprendre le sens.
“Ahh, oui… avec la mer…” murmura-t-elle, espérant que cela suffirait. Après tout, la plage et la mer allaient de pair, non ? C’était une association presque automatique, logique, comme si évoquer l’un faisait nécessairement penser à l’autre. Elle s’accrocha à cette idée, cherchant désespérément quelque chose, n’importe quoi, pour donner l’impression qu’elle se souvenait vraiment, malgré le néant qui régnait dans son esprit.

Elle voulait prouver à Sixtine qu’elle n’avait pas oublié, qu’elle était encore connectée à ce moment dont elle parlait. Mais en vérité, chaque mot qu’elle prononçait la plongeait un peu plus dans l’incertitude. La peur d’être démasquée, d’être vue comme une menteuse ou, pire, comme quelqu’un d’indifférent, la paralysait. Alors, elle continua de jouer son rôle, espérant que son mensonge ne serait pas découvert, que son manque de souvenir passerait inaperçu, masqué par l’apparente logique de ses réponses.

Elle la laissa continuer, écoutant attentivement chaque mot, même si son esprit était en ébullition. Quand Sixtine fit allusion à son bras et au bandage qui l'entourait, Elaia hocha la tête, répondant de manière automatique, comme si tout était parfaitement clair pour elle. Mais en réalité, son esprit était ailleurs, absorbé par un effort intense pour relier les bribes d'informations qu'elle recevait à un quelconque souvenir.

Lorsqu’elle entendit Sixtine mentionner qu’elles avaient eu beaucoup de chance, Elaia se força à afficher une expression appropriée : un mélange de soulagement et de gratitude, comme si elle partageait pleinement cette réflexion. Mais derrière cette façade, elle se concentrait désespérément, cherchant à capter chaque détail, chaque mot que Sixtine laissait échapper. Son objectif était clair : rassembler le maximum d'indices possibles pour reconstruire un souvenir qui, en réalité, lui échappait totalement.

Le fait de ne pas se souvenir de tout cela lui pesait lourdement sur le cœur. C’était comme une ombre qui l’attristait profondément, une douleur sourde qui ne faisait que grandir à mesure qu’elle réalisait l’ampleur de son oubli. Elle essayait de trouver les mots, de se donner un moment pour réfléchir à ce qu’elle pourrait dire, mais ce temps de réflexion fut de trop. Les émotions qu’elle tentait de contenir débordaient, les larmes qu’elle s’efforçait de retenir se mirent à lui piquer les yeux, et bientôt, elle ne parvint plus à les contenir.

Les larmes se mirent à couler, d’abord en silence, puis en un torrent incontrôlable. Les mots qu’elle avait voulu articuler se brisèrent sous le poids de son chagrin. Elle ne voulait pas laisser Sixtine dans l’incompréhension, elle ne voulait pas que son silence soit interprété comme de l’indifférence ou de l’éloignement. Alors, malgré les sanglots qui secouaient son corps, Elaia tenta de parler, sa voix tremblante et hachée par l’émotion.

“ Sixtine, je… je suis désolée… je suis tellement désolée…” balbutia-t-elle, chaque mot lui coûtant un effort immense. “Je… je ne sais pas… je… je ne sais pas qui je suis… ce que je suis… c’est… c’est toujours comme ça…” Les mots sortaient en désordre, comme si son esprit ne parvenait plus à les organiser. “ Je ne me souviens pas d’hier, malgré toute ma bonne volonté… je voudrais tellement, mais… je n’y arrive pas… je suis tellement désolée…”

Sa voix se brisa sur ces derniers mots, et elle sentit la honte et la frustration se mêler à son chagrin. Elaia se sentait impuissante, incapable de comprendre pourquoi ces souvenirs lui échappaient, pourquoi elle ne pouvait pas simplement être comme les autres, se souvenir des choses importantes, des moments partagés. Elle espérait que Sixtine comprendrait, qu’elle ne la jugerait pas trop sévèrement, mais la peur de la décevoir la rongeait. Dans ce moment de vulnérabilité extrême, elle se sentait plus seule que jamais, désespérée par son incapacité à se connecter pleinement à la réalité qui l'entourait.

Elle ressentait un besoin d'extérioriser tout ce qu'elle avait refoulé. Laisser sortir ces émotions, c'était comme ouvrir une valve trop longtemps sous pression. Même si chaque larme semblait douloureuse, il y avait un certain soulagement qui l'accompagnait. C’était comme si, pour la première fois depuis longtemps, elle s’autorisait à être vulnérable, à laisser voir cette part d’elle-même qu’elle cachait si soigneusement derrière des murs de silence et de faux sourires.

Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi, mais elle se sentait étrangement en sécurité ici, aux côtés de Sixtine. Peut-être était-ce le calme de la jeune fille, ou sa présence rassurante, qui lui donnait l'impression qu'elle pouvait enfin baisser sa garde, même si tout autour d’elle restait flou et incertain. Malgré le fait qu’elle ne comprenait pas entièrement la situation, qu’elle se sentait perdue dans un océan de confusion, de larmes et de souvenirs manquants, il y avait quelque chose dans l’atmosphère qui la poussait à croire qu’elle n’avait rien à craindre.

Elle se rendit compte que cette sécurité n'était pas liée à la situation en elle-même, mais à la présence de Sixtine, à ce lien inexplicable qui s'était tissé entre elles, un lien qu’elle n’aurait peut-être jamais cru possible auparavant. Ce lien, aussi fragile soit-il, était devenu son ancre, quelque chose à quoi elle pouvait s’accrocher alors que tout le reste semblait se dérober sous ses pieds. Et, pour la première fois depuis longtemps, elle se permit de croire que peut-être, juste peut-être, elle n'avait pas à affronter cette confusion toute seule.

Au loin, le cliquetis distinct des talons résonna, brisant le fragile moment de vulnérabilité qu'Elaia venait de partager avec Sixtine. Le bruit se rapprochait, chaque pas accentuant son angoisse. Il était hors de question qu'un adulte la voie dans cet état, exposée, les yeux rougis par les larmes, à peine capable de contenir le tourbillon d'émotions qui venait de la submerger.

D'un geste brusque, elle cessa immédiatement de pleurer, comme si elle pouvait éteindre ses émotions aussi facilement qu’on éteint une lumière. Elle attrapa rapidement un mouchoir sur la commode, se moucha avec précipitation, puis essuya les traces humides qui marquaient encore ses joues d’un revers de manche. Elle se redressa, tentant de se composer une expression neutre, presque indifférente. Si on ne prêtait pas trop attention à ses yeux encore légèrement rouges et gonflés, on pourrait croire qu'elle venait tout juste de se réveiller.

“Ne dis rien, s'il te plaît, Sixtine”, murmura-t-elle, sa voix tremblant encore légèrement malgré ses efforts pour se maîtriser. C’était une supplication, presque un ordre déguisé, motivé par la peur irrationnelle d’être découverte dans cet état de fragilité. Elle ne savait pas qui approchait, mais l'idée même de se retrouver face à un adulte la remplissait d'anxiété. Elle sentait une boule se former dans son estomac, une tension qui menaçait de la submerger à nouveau si elle ne parvenait pas à garder le contrôle. Elaia était quelqu’un de plutôt sensible

Elle ne comprenait pas pourquoi, mais quelque chose dans l'incertitude de cette présence à venir la terrifiait. Peut-être était-ce la peur du jugement, ou celle d’être forcée à expliquer ce qu’elle-même ne parvenait pas à comprendre. Ou peut-être que c’était simplement l’instinct de survie qui la poussait à cacher ses failles, à maintenir coûte que coûte l’apparence de normalité, même si, à l'intérieur, elle se sentait prête à s'effondrer.

Le bruit des talons se rapprochait encore, chaque pas résonnant dans le silence tendu de la pièce. Elaia se tenait immobile, les muscles tendus, espérant de tout cœur que Sixtine comprendrait la gravité de sa demande à ses yeux et qu’elle l’aiderait à préserver cette façade, aussi fragile soit-elle, face à l'inconnu qui approchait.


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Serpentard
6e année
Titre : Re : La caverne aux Mille Visages
Créé : 13/08/2024 à 00:10:33

Installée à côté de Kenia sur le lit, Sixtine observait le visage de la jeune fille, un masque de douceur qui cachait une mer de confusion. Malgré tous les efforts visibles de la blairelle pour paraître en contrôle, il était clair comme de l'eau de roche qu'elle était dans le flou total. Le manque de souvenirs chez son amie était aussi évident que le nez au milieu du visage. La Serpentard ne savait pas si c'était sa propre habileté en légilimancie qui lui permettait de décoder si bien l'attitude de Kenia ou si c'était un lien plus profond qu'elle ressentait. Ce qu'elle savait, c'était que quelque chose n'allait pas, que les pièces du puzzle ne s'assemblaient pas comme elles le devraient. Un sentiment d'inquiétude persistait, semblable à une ombre flottante qu'elle ne pouvait ignorer.

Lorsqu’elle aperçut les larmes dévalant les joues de Kenia, un instant de stupeur la saisit. Avant même qu'elle puisse réagir, des sanglots violents secouaient les épaules de la Katteridge, un torrent de douleur et de désespoir qui semblait déborder de chaque pore. C’était la première fois qu’elle voyait quelqu’un pleurer avec une telle intensité, un déchaînement d’émotions aussi brut et sincère. Le spectacle, aussi poignant qu'inattendu, laissa Sixtine désorientée, incapable de trouver les mots ou les gestes appropriés pour apaiser son amie. Et juste avant qu’elle ne puisse rassembler ses pensées, les paroles bouleversantes de son amie frappèrent ses oreilles comme un coup de tonnerre.

Sans plus attendre, elle posa doucement sa main valide sur l’épaule tremblante de Kenia, l'attirant vers elle dans une étreinte enveloppante et réconfortante. Sa main caressait tendrement les cheveux de son amie, un geste empreint de douceur et de chaleur.
Je suis là, ne t’en fais pas. Ce n’est rien. C’est sans doute le choc, murmura-t-elle, sa voix empreinte de calme et de sérénité. La Serpentard avait entendu les paroles déchirantes de Kenia, ses mots étaient chargés d'une confusion poignante, mais pour l’instant, il était crucial de chasser les ombres de l’angoisse et de lui rappeler qu’elle n’était pas seule. La chaleur de son étreinte était, l’espérait elle, une lueur dans l’obscurité, un havre de paix dans la tempête émotionnelle qui secouait la jeune sorcière.

C’était peut-être ça, avoir une petite sœur : être là pour la réconforter, la protéger, et parfois, la taquiner. C’était ainsi que Sixtine concevait le lien fraternel. À travers cette étreinte apaisante, elle cherchait à lui offrir ce qu’elle avait toujours imaginé comme essentiel dans une relation de frère ou sœur : un soutien constant, une présence rassurante et un réconfort inébranlable.
Tu n’as pas à être désolée, ce n’est rien. Je te raconterai tout, et tu finiras par t’en souvenir. Ces mots étaient une promesse, un phare dans la nuit noire de l’amnésie de Kenia.

Le bruit des talons qui résonnait dans le couloir annonçait l'arrivée imminente d'Hellia, et Kenia se figea, essuyant ses larmes d’un geste furtif et maladroit. En un instant, son visage adopta une expression de calme, un masque d’impassibilité contrastant violemment avec les sanglots récents sous le regard médusé de la vipère . Je ne dirai rien, murmura-t-elle. Elle savait que la confiance était un trésor fragile, et sa promesse était une véritable déclaration de loyauté. Le poids de la tourmente intérieure de Kenia pesait sur ses épaules, et elle était déterminée à préserver le sanctuaire fragile de ses émotions, quel qu’en soit le coût.

Attrapant un gant posé sur la table de nuit, Sixtine le plongea dans la bassine d'eau fraîche, comme si elle puisait une bouffée de calme dans la clarté liquide. Avec une douceur infinie, elle tamponna les yeux de Kenia, chaque mouvement empreint de tendresse.
Je vais t'aider, d'accord ? Tu me fais confiance ? Elle ne pouvait expliquer pourquoi elle ressentait ce besoin impérieux de soutenir Kenia, pourquoi une telle volonté de réconfort émergeait en elle sans raison apparente. C'était comme un instinct, une connexion profonde et inexplicable qui transcende la logique. Tout ce qu’elle savait, c’était que la petite Katteridge avait besoin d’un pilier dans cette mer de confusion, et elle était déterminée à être ce pilier, même sans comprendre pleinement la nature de cette impulsion.

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